La France sur la mauvaise pente : Le nombre de fumeurs et de fumeuses augmente

Publié le par desirsdavenirparis5


À l’occasion de la journée mondiale sans tabac du 31 mai, Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’Organisation des nations unies (ONU) a appelé à la ratification universelle de la convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte contre le tabac.

 Si la France a ratifié le texte, beaucoup reste à faire pour respecter ses engagements.

« LE TABAC a fait environ 100 millions de morts au XXe siècle et pourrait en faire 1 milliard de plus en ce siècle, si nous n’agissons pas », alerte Ban Ki-Moon. Pour enrayer cette tendance « la convention-cadre se révèle clairement efficace pour ce qui est de protéger la santé des habitants de tous les pays qui l’ont adoptée et la font respecter », estime-t-il.

 Depuis 2003 et l’ouverture à la signature de la convention-cadre, 170 pays l’ont ratifié. Encore faut-il appliquer et faire respecter les engagements du texte.

En France, malgré la Loi Évin et  sa modification en 2008, la consommation de tabac dans les lieux publics, ne diminue plus, au contraire. La loi est de moins en moins appliquée,  en raison de la diminution des contrôles (encore l’une des conséquence du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux.                                                                                                             Selon le dernier baromètre Tabac IFOP, les infractions se multiplient : « près d’un fumeur sur deux a déjà été confronté à une terrasse fermée où les gens fumaient », « un quart des fumeurs a déjà vu un bureau où l’on fumait en dépit de la loi » et « 18 % ont déjà été dans des discothèques où le patron autorisait les clients à fumer ».

        Comme le souligne le Pr Yves Martinet, président du Comité national contre le tabagisme (CNCT), les mesures pour lutter contre le tabagisme « sont inefficaces car non appliquées… L’interdiction de vente aux moins de 18 ans n’est pas appliquée par les buralistes. L’interdiction de la publicité sur les lieux de vente n’est pas respectée par 80 % des buralistes. L’interdiction de fumer dans les lieux publics n’est pas toujours respectée et n’est surtout pas contrôlée. »

Le Pr Bertrand Dautzenberg, Président de l’Office français de prévention du tabagisme (OFT) renchérit, de son côté : « Le tabac est perçu par le gouvernement davantage comme un produit de perception de taxes qu’un problème de santé publique, alors qu’il fait 15 fois plus de morts que les accidents de la route. Aujourd’hui, l’État est totalement défaillant dans sa mission de protection de la santé des Français vis-à-vis du tabac ».

L’associationdes Droits des non-fumeurs a enquêté  et a observé sur Internet des échanges réalisés entre femmes sur des forums destinés à la grossesse où circulent de nombreuses fausses idées traduisant l’ignorance de beaucoup de jeunes femmes, par exemple, au sujet du tabagisme pendant la grossesse par exemple : « Fumer n’a pas de conséquence sur la croissance et le développement du bébé», ou « Fumer quand on est enceinte est acceptable dans une certaine quantité ».

  La situation est inquiétante quand on sait, depuis 1970, qu’au bout de 30 secondes après avoir commencé à fumer, une femme enceinte provoque,  chez son bébé, une véritable asphyxie  par chute brutale de l’oxygénation cérébrale (due à une vasoconstriction nicotinique brutale et rapide de l’artère utéro-placentaire qui est la seule source d’oxygène et de nutriments au fœtus). Ce phénomène d’hypoperfusion placentaire se visualise à l’échographie fœtale par un comportement de suffocation du fœtus avec violents spasmes du diaphragme) traduisant la souffrance hypoxique du bébé.                                                          La prévention contre le tabagisme des jeunes est dramatiquement insuffisante et inefficace, le tabac est une drogue qui, au même titre que l’alcool, conduit à une addiction d’autant plus difficile à guérir que la consommation a été précoce dans la vie, et cela plus particulièrement chez les filles, par rapport aux garçons.

 

 Jean Canet

Publié dans Santé-Sciences

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