Y croire encore

Publié le par desirsdavenirparis5

Y croire encore, tel est le slogan des infatigables partisans de Ségolène Royal. Si elle perd, ils ne feront pas tous la campagne socialiste.

Métro Couronnes, Paris, XXe arrondissement. Vendredi 29 octobre, 18 heures. Des centaines de personnes remballent leurs marchandises. Au "marché de la misère" du boulevard de Belleville, on vend tout et n'importe quoi pour se faire quelques euros. Il y a foule, à dominante maghrébine et masculine. Au milieu, un groupe de femmes monte un stand Ségolène Royal. Monique, Candice, Claire portent des T-shirts "Pour un ordre social juste" et des écharpes rouges. Signe distinctif des militants ségolénistes. Abdoulaye Mbengue, du comité local, est à la bourre. Jeunes, vieux, femmes, tous prennent les tracts des militantes. Ils la connaissent Ségolène. En 2007, elle a combattu Sarkozy. L'homme haït. Et ça, tous s'en souviennent.

La présidente de la région Poitou-Charentes l'assure, elle va remporter la primaire socialiste. Les sondages - même interprétés avec prudence - la donnent bonne troisième à 10-11 % derrière Martine Aubry et François Hollande. Son ex-lieutenant Arnaud Montebourg la talonne. Il la dépasse et ce serait un terrible désaveu. Les mauvais sondages ? Bidon. Les médias ? Ils font la campagne de Hollande. En 2006 c'est elle qui, portée par l'opinion, est désignée devant Fabius et DSK.

Pour inverser la tendance, Royal compte sur ses troupes, les militants de Désirs d'avenir, association fondée en 2006 en marge du PS. Son secrétaire général Kamel Chibli chiffre aujourd'hui à 12 000 ses adhérents (contre 10 000 en 2007). Difficile à vérifier. Deux tiers ne seraient pas au PS. Monique, 65 ans, ne renouvellera pas son adhésion. "Reims m'a tuée, enlevé mes illusions politiques." Au Congrès de Reims, Aubry prend le parti de quelques voix. Les royalistes l'accusent de fraude. Les deux camps s'entretuent. "Un assassinat politique... hormis dans ma section, on était traité de sous-militants, de fan." Si Ségo ne passe pas, elle ne fera pas la campagne du deuxième tour. Elle votera Mélenchon au premier tour de la présidentielle et blanc au deuxième.

De ses réseaux internes au PS, il ne reste plus grand-chose des 29 % des suffrages récoltés au premier tour à Reims en 2008. Pour Royal, l'équation est simple : plus l'élection est populaire, plus elle engrangera de voix.

"Mais cet électorat très volatil n'a pas forcément compris qu'il pouvait voter à la primaire", précise le politologue Rémi Lefebvre, spécialiste du PS. "L'objectif est d'aller chercher ceux qui sont hors partis, en dehors des courants", explique Chibli.

Mission impossible ? Pas pour ses fervents soutiens. "On est plus mobilisés que jamais", insiste Jeanne, 71 ans, retraitée de l'enseignement. Ils en sont persuadés, ils sont différents des autres militants. Ils sont l'avantgarde d'une révolution nommée démocratie participative, l'incarnation de la méthode Coué Ségoléniste et de son volontarisme. Elisabeth, retraitée de 63 ans : "Au meeting de Montreuil, la foule l'acclamait, on était comme transporté, les sondages on les écoute pas."  .....  .

 

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Anne Laffeter

www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/71284/date/2011-10-07/article/sego-cest-plus-fort-que-toi/

Publié dans Ségolène Royal

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