SOUS-ÉQUIPEMENT EN IRM[1], DÉLAIS D’ATTENTE La France doit d’urgence combler son retard

Publié le par desirsdavenirparis5

SOUS-ÉQUIPEMENT EN IRM[1], DÉLAIS D’ATTENTE

La France  doit d’urgence combler son retard
 
 
Avec 34,6 jours de délais moyens pour obtenir un rendez-vous IRM, et un taux d’équipement parmi les plus bas d’Europe (8,7 IRM par million d’habitants, 543 appareils en tout), la France se révèle incapable de combler son retard et même de tenir les objectifs (limités) du plan Cancer : tel est le principal enseignement de l’enquête annuelle Imagerie Santé Avenir (ISA). Pourtant, l’étude montre qu’un investissement soutenu à l’échelon régional conduit à des résultats probants. Un motif d’espoir ?
RÉALISÉE pour la septième année consécutive, l’enquête ISA [2] sur les délais d’attente pour obtenir un examen IRM en France se traduit par des résultats toujours aussi  alarmants : non seulement le retard français persiste – délais d’attente, sous-équipement – sans aucune amélioration significative, non seulement les objectifs gouvernementaux (limités) du plan Cancer ne sont pas tenus, mais cette carence en matière d’accès à l’IRM entraîne une perte de chance pour les patients (cancer, AVC...).
• Délai d’attente moyen : 34,6 jours, à peine mieux qu’en... 2004, ce qui représente trois fois plus que les recommandations du plan  Cancer. Ce délai, indicateur reconnu de qualité des soins et de besoin en équipements, avait fait l’objet d’un objectif national – 10 jours maximum – inscrit dans le plan Cancer 2 (2009). On en est très loin.
Avec un parc de 543 équipements IRM en janvier 2010,  il n’y a pas la moindre « amélioration significative » des délais moyens d’obtention d’un rendez-vous (dans les 502 structures analysées).  Plus grave encore, l’effort d’implantation d’IRM tend à diminuer : 37  installations  par an en moyenne de 2006 à 2010 contre 55 par an entre 2003 et 2006.
• Fortes inégalités régionales
Ce tableau national accablant masque des inégalités régionales fortes, traduction d’une « médecine à deux vitesses ». Le délai d’attente culmine dans les Pays-de-la-Loire (58 jours), en Poitou-Charentes (57,5 jours) et en Alsace (55,7 jours).  Par contre, il est le plus bas en Picardie (22,3  jours), en Ile-de-France et en Midi-Pyrénées.
En tout état de cause, environ deux tiers des Français vivent dans des régions où il faut attendre plus d’un mois pour obtenir un rendez-vous IRM et « aucune région n’atteint l’objectif du plan Cancer 2 », c’est-à-dire le seuil des 10 jours d’attente. Plus grave, six régions parmi les dix à plus fort taux de mortalité par cancer (Alsace, Haute-Normandie, Bretagne, Lorraine, Basse-Normandie et Bourgogne), soit près de 20 % de la population, affichent en moyenne un délai de 44 jours.
• Corrélation entre délais élevés et taux d’équipement faible
 La quasi-totalité des régions qui s’illustrent par un taux d’équipement plus bas que la moyenne nationale ( en dessous de 8,7 IRM par million d’habitants) se caractérisent aussi par des délais d’attente supérieurs à la moyenne française (au dessus de 34 jours). Les régions où le délai de rendez-vous a fortement augmenté – plus de 10 jours – en deux ans  sont l’Auvergne, la Haute-Normandie, PACA, Poitou-Charentes, Alsace). Il ressort que, dans ces régions, le parc IRM n’a que faiblement progressé – seulement 8 % entre 2008 et 2010.
A l’inverse, dans les régions qui« investissent de façon soutenue » sur les installations IRMles progrès sont probants. Ainsi, dans le Nord-Pas-de-Calais et Rhône-Alpes « une augmentation du parc IRM de 30 % entraîne une diminution des délais d’attente de 22 % » en deux ans.
Un rattrapage s’impose, avec les ARS aux manettes ?
La carence française en matière d’accès à l’IRM, « entraîne une perte de chance pour les patients », freine l’accès à l’innovation diagnostique et thérapeutique, et se révèle paradoxalement onéreuse. « Le retard accumulé depuis plusieurs années conduit à la prescription d’examens de substitution inadaptés, inefficaces et coûteux », peut-on lire dans cette étude.
Afin de réduire visiblement les délais de rendez-vous, et de se rapprocher de la durée de 10 jours maximum pour les examens IRM en cancérologie, l’enquête plaide pour un effort« soutenu » en matière d’équipement à moyen terme (« il faudrait doubler le rythme annuel de croissance des équipements IRM pendant cinq ans »).
 En clair, il ne suffit plus de se contenter des objectifs nationaux – au demeurant insuffisants – le plan Cancer prévoit un accroissement de 8 % par an des IRM à l’horizon 2013, mais il convient d’agir plus fortement à l’échelon des régions, à l’initiative directe des agences régionales de santé (ARS), pour organiser le rattrapage au regard des besoins locaux.
 
Les besoins médicaux, continuent de progresser : pour l’IRM les besoins croissent de 14 % par an sous l’effet de l’incidence accrue de certaines pathologies (cancers, AVC, Alzheimer...), des indications des plans de santé publique et du vieillissement de la population.
 Le décalage avec nos voisins. Avec 8,7 IRM par million d’habitant, la France est deux fois moins équipée que le reste de l’Europe de l’Ouest (17 IRM par million d’habitant en moyenne, 20 en Allemagne, 25 en Norvège).
 
Source : notes tirées  par Jean Canet de l’excellent article de Cyrille DUPUIS, journaliste au  Quotidien du Médecin (23/06/2010)


.[1] IRM : Imagerie par Résonance Magnétique, très importante en oncologie. A ne pas confondre avec le scanner (imagerie plus fine et en 3D)

[2]  Enquête annuelle IRM menée par Cemka-Eval pour Imagerie Santé Avenir (ISA) « Quels délais pour un rendez-vous ? ».  

Publié dans Santé-Sciences

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