Sarkozy est plus africain qu'Obama

Publié le par desirsdavenirparis5

 

Pour le dramaturge camerounais Eric Essono, le volontarisme et les frasques du président français le rapprochent davantage du continent que son homologue américain, qui a pourtant, lui, des origines africaines.

 

Quand, à Dakar au Sénégal, Nicolas Sarkozy parlait de l’homme africain en des termes qui avaient provoqué une véritable levée de boucliers, on avait trop rapidement conclu qu’il était raciste sur les bords. En réalité, il n’en est rien. Sarkozy parlait en Africain, c’est-à-dire qu’il versait dans une forme d’autodénigrement et de détestation de soi —assez habituelles chez les noirs. Quel Africain n’a jamais repris à son compte ce constat résigné devant l’insalubrité urbaine: «Le noir ne meurt pas de saleté»? Qui, dans ce berceau de l’humanité, ne s’est jamais laissé aller à ce cri d’admiration devant un bijou technologique: «Le blanc est trop fort»? C’est que Sarkozy parle en Africain quand Obama, à titre de comparaison, parle, lui, non seulement en Occidental mais surtout en blanc, qui dit si joliment les choses que l’on a envie d’entendre (institutions fortes, jeunesse fer de lance, blablabla).

Si Obama a la peau plus foncée, Sarkozy est manifestement le plus africain. Avant de pousser plus loin le contraste, il convient de rétablir une vérité qui fera prendre un sacré coup à la fiertitude de ceux qui ont vu en lui le premier dirigeant noir de la superpuissance américaine.

La terre est bleue comme une orange .............

Président de la France, roi de l’Afrique, prince du monde

Plusieurs fois marié, comme tout bon chef africain qui se respecte, Nicolas Sarkozy est père d’une famille nombreuse (bientôt quatre enfants!) et réunit à lui tout seul tous les caractères typiques de l’homme africain. S’il résume assez bien l’Afrique, c’est donc qu’il ne faut guère compter sur lui pour la développer.

Il a su redynamiser les sommets néocoloniaux (France-Afrique) pour les faire rentrer dans l’ère post-néocoloniale (Afrique-France). Changements cosmétiques? Que non, ils sont bien plus profondément vicieux que cela. A la diplomatie des réseaux, a succédé celle de la force brute. Ouattara est au pouvoir: ses muscles n’y sont pour rien, la volonté de Sarkozy a tenu lieu de loi entre les parties. Il a donné, dès après la proclamation des résultats contestés, huit jours à Laurent Gbagbo pour emporter armes et bagages. Celui à qui les Ivoiriens avaient donné le surnom de «boulanger» s’est accroché tant qu’il a pu, mais ses propres compatriotes lui ayant donné leurs suffrages ont compris que c’était trop du sacrifice volontaire de leur vie, en sus de celles que la soldatesque de Guillaume Soro (actuel Premier ministre de Ouattara) leur avait arrachées. Ils ont fini par le laisser se démerder avec la force Licorne, qui n'en a fait qu'une bouchée.

S’inspirant de pratiques négro-africaines fort répandues, Nicolas Sarkozy a parachuté son fils, Jean, dans le saint des saints des réseaux d’influence (aussi bien au sein du parti de la majorité en France, l’UMP, que dans la haute administration des établissements publics). .......... .

Eric Essono Tsimi

www.slateafrique.com/33879/diplomatie-sarkozy-est-il-plus-africain-que-barack-obama

Publié dans Sarkozy & scandales

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