Rasoulof, cinéaste iranien : « Ils disent que je suis un traître »

Publié le par desirsdavenirparis5

 

 « Au revoir » est une œuvre secrètement brûlante qui, trois mois après le coup de semonce d'« Une séparation » de Asghar Farhadi (plus de 800 000 entrées en France), rappelle que le cinéma iranien, malgré les entraves, est l'un des plus vivants et plus importants de l'époque.

Le film, dont Rue89 est partenaire, « donne à voir » l'Iran, aujourd'hui, avec une violence d'autant plus intense que tout y est suggéré, infiniment pudique. Son titre : « Au revoir », comme s'il n'y avait plus d'autre choix que l'exil pour son personnage très principal. Son auteur : Mohammad Rasoulof, menacé de six ans de prison dans son pays.

Partir, sinon rien

Téhéran. Une jeune avocate mariée à un journaliste vivant dans la clandestinité pour cause d'activisme politique.

Enceinte de quelques mois, mais ne pouvant avorter (en l'absence de l'autorisation écrite de son époux), elle est dans l'incapacité de travailler puisque jugée idéologiquement incontrôlable par le régime. (Voir la bande-annonce)

Surveillée et traquée par les autorités, confrontée à la gabegie administrative et à la corruption tous azimuts, l'avocate passe ses journées et ses nuits à tenter d'organiser sa fuite.

Ses soutiens ? Ils sont rares, tant le règne de la terreur fait peser une triple chape de plomb, même sur les meilleures volontés.

L'acte de résistance de Mohammad Rasoulof

Avec « Au revoir », l'un des plus beaux films de l'année et dont Rue89 est partenaire, Mohammad Rasoulof, cinéaste de 37 ans, prend le risque d'aggraver « son cas » aux yeux des autorités iraniennes.

Moins connu en France que Jafar Panahi, devenu, contre son gré, l'emblème du cinéma iranien martyr (et dont on découvrira à la fin du mois le déchirant « Ceci n'est pas un film »), le metteur en scène connaît le même sort que son aîné.......

Par Olivier De Bruyn | Journaliste | 03/09/2011 | 12H01

Au revoir de Mohammad Rasoulof - sortie le 7 septembre

/www.rue89.com/zoom-avant/2011/09/03/rasoulof-cineaste-iranien-ils-disent-que-je-suis-un-traitre-220403.

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