Quelle est la tronche d’un Français de souche ?

Publié le par desirsdavenirparis5

 

Alain Marleix a dit : "Notre Coréen national, Jean-Vincent Placé, va avoir chaud aux plumes !"


Jean-Vincent Placé, justement ulcéré par l’attaque raciste d’A. Marleix, se demandait ce matin sur France-Inter ce que pouvait être le faciès d’un Français de souche. J’ai la réponse. Ou plus exactement la réponse est dans la question ainsi formulée : quelle est la tronche d’un Français de souche ? Car vous l’ignorez sans doute mais la tronche résulte du traitement que subit l’arbre dont le tronc, autrement dit la souche, a été émondé pour produire des rejets. L’autre nom plus usuel mais tout aussi vernaculaire et plus coloré est trogne. Si l’on se réfère à l’étymologie supposée de trogne, on aurait un mot gaulois *trugna, groin (de sanglier), museau. Ou bien un verbe latin populaire extortionare issu lui-même de torquere, tordre. Soit à peu près le traitement qu’on fait subir aux bonzaïs pour leur donner cette belle longévité que nous mettons en pot.
L’invention de la trogne remonte au néolithique et semble universelle. En conséquence, les souches ne sont pas spécifiquement françaises et tous les hommes étant de souche, c’est-à-dire le produit d’élagages multiples, de rejets rejetés et coupés, sont forcément des trognes et ont une tronche, laquelle ne dépend même pas de l’essence de l’arbre mais de sa taille régulière. Tout un art.
Le livre de Dominique Mansion, Les Trognes. L’arbre paysan aux mille usages (éd. Ouest-France), que j’ai sous les yeux et qui m’inspire ces remarques trognardes, montre des tronches très anthropomorphes de chênes, de saules, de hêtres et d’arbres fruitiers. Le jugement qu’on peut porter sur elles est esthétique : il y a des tronches qui ne vous reviennent pas et d’autres qu’on trouve trognons. Ça ne se discute pas. En revanche, elles sont toutes utiles et ont un bon rendement écologique. Véritables écosystèmes, elles contribuent à la préservation des espèces. Et de fait, elles fournissent des creux où nichent les oiseaux, par exemple. Est-ce en ce sens qu’A. Marleix (merle ?) dit que J.-V. Placé “va avoir chaud aux plumes”, niché (placé) qu’il sera dans la souche (nationale) qui, l’adoptant, lui donne l’abri multiséculaire de ses lois et de son art de la trogne, à charge pour lui, comme pour nous, de s’y adapter ?  Quoi qu’il en soit, je noterai que la souche, même morte, est accueillante. Les  vrais “Français de souche”,  ce sont précisément les parents, normands, de Jean-Vincent Placé qui lui ont donné l’abri et la protection de leur souche…
Une dernière remarque : si la trogne est, dans notre imaginaire et nos expressions, plutôt positive — on la voit rubiconde et joyeuse, la tronche qu’on tire est sa face grincheuse et négative. Or le parti auquel M. Marleix appartient ayant exploité la France (et les “Français de souche”) jusqu’au trognon, il ne nous resterait plus qu’à faire la tronche et à nous inquiéter de celle des autres. Tristes m¦urs que nous devons combattre : réhabilitons les trognes !
Bonne rentrée à tous.
F.C.

Publié dans Racisme

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