Primaire du PS: «Changer d'échelle, mais aussi d'époque et de culture politiques»

Publié le par desirsdavenirparis5

L'avocat Jean-Pierre Mignard est l'un des trois membres de la haute-autorité de la primaire socialiste, avec le préfet Rémy Pautrat et la présidente de l'Adie (association pour le droit à l'initiative économique), Catherine Barbaroux. A deux semaines du début du dépôt des candidatures, il détaille pour Mediapart le rôle et les exigences de cette instance chargée de contrôler le bon déroulement du scrutin de désignation de la candidature socialiste à la présidentielle.

Où en est aujourd'hui la haute-autorité de la primaire socialiste?

Elle est constituée, après la nomination de Catherine Barbaroux suite au désistement de Mireille Delmas-Marty pour des raisons d'agenda. Nous avions le choix entre deux manières d'appréhender la mission qui est désormais la nôtre. Soit être un juge ultime du processus électoral. Soit participer au processus dès l'origine, une fonction de régulateur préventif des conflits, plutôt que de dénouement au sommet d'un olympe qui n'existe pas. Seule cette approche donne à la haute-autorité la légitimité qu'elle pouvait acquérir.

Le PS est-il dans les temps, selon vous?

Il y a eu une période de flottement, d'incertitude, liée au statut même de la primaire. Alors que le comité d'organisation faisait son travail, un débat récurrent n'a cessé de porter sur le statut des primaires. Hormis sa suppression réclamée par quelques-uns, très peu en fait, l'idée d'une primaire de confirmation s'était pourtant installée, évidemment liée à la possible candidature de Dominique Strauss-Kahn, qui aurait sublimé toutes les autres candidatures et, par voie de conséquences, rendu la primaire inutile ou du moins secondaire. L'annonce de sa décision avait provoqué un certain attentisme, mais les événements récents ont fait qu'elle a retrouvé son objectif premier: être l'instrument incontestable de sélection des candidats, donner la plus large assise populaire au candidat ou à la candidate choisi(e), et lui garantir un maximum de chances de succès.

Il s'agit aussi de dresser le bilan du semi-échec des demi-primaires de 2007..... 

Comment se passent actuellement les relations entre la haute-autorité et Solférino?

  .

Comment comptez-vous concrètement réguler la bonne conduite des candidats pendant la campagne?

 
A une échelle bien moindre que la primaire socialiste, mais en très peu de temps et avec un prix plus prohibitif, les écolos ont vu le nombre de leurs inscrits plus que doubler (de 14.500 à 32.000). Pensez-vous le PS et ses 200.000 militants prêts à accueillir un afflux massif de votants?

Jean-François Copé accuse le PS de vouloir faire des «primaires de bobo» et redoute la création de «fichiers en négatif» par les élus locaux, leur permettant d'identifier ceux parmi les habitants qui ne seraient pas de gauche?

En 2008, après le congrès de Reims, vous aviez vous-même dénoncé dans un rapport nombre d'irrégularités de vote, notamment dans les fédérations du Nord, du Pas-de-Calais, ou de Seinte-Maritime. Qu'est-ce qui prémunit cette primaire d'un risque de voir à nouveau la sincérité du scrutin remise en cause?


Qu'entendez-vous par «les apparences»?
 

Dans les Bouches-du-Rhône, une commission d'enquête du PS examine la situation de la fédération, tandis que plusieurs responsables socialistes sont inquiétés par la justice. Comment dans ce cadre faire confiance à l'organisation du scrutin?


De quel type de pouvoir et de sanction disposerez-vous?

Alors que certains pensent que le PS prend le risque d'un «congrès de Reims bis» devant tous les Français à quelques mois de la présidentielle, vous paraissez très optimiste?

 

| Par Stéphane Alliès

www.mediapart.fr/article/offert/1587daf5a9a48f7a64893ee84c30e47f

Publié dans DA-PS

Commenter cet article