Pour une nouvelle nuit du 4 août

Publié le par desirsdavenirparis5

                 

 

A un an de l'élection présidentielle, il peut paraître injuste de jeter la suspicion sur le projet socialiste, qui envisage d'engager une véritable « révolution fiscale ». Car s'il y a bien un domaine où les dignitaires du Parti socialiste ont changé, c'est assurément celui des impôts. La conversion est même spectaculaire. Hier, contaminés par le virus libéral, ils étaient les chantres du « moins d'impôt ». Alors qu'il était ministre des finances du gouvernement de Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn s'était même distingué en proposant une scandaleuse baisse de la fiscalité sur les stock-options ou encore du taux supérieur de l'impôt sur le revenu, deux réformes que Laurent Fabius a ensuite achevées. Et puis voilà que la direction du Parti socialiste change radicalement de doctrine, et préconise une réforme fiscale en apparence aussi radicale qu'ambitieuse, avec deux mesures phare : la fusion de la Contribution sociale généralisée (CSG) et de l'impôt sur le revenu pour refonder un véritable impôt citoyen, c'est-à-dire un impôt général et progressif sur tous les revenus; et un alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail.

Dans ce contexte, on pourrait être enclin à ne pas jouer les mauvais coucheurs. Sans doute le projet socialiste a-t-il des faiblesses ou manque-t-il d'ambition en certains domaines, mais pas en matière d'impôt ! Pas de mauvais procès donc...

Et pourtant, on aurait tort d'en rester à ces apparences. Car si effectivement les socialistes ont changé de doctrine et, abandonnant la doxa libérale, affichent une ambition fiscale forte, il reste des zones d'ombres dans leur projet. Et ces zones d'ombres sont très importantes, car elles portent sur une question politiquement décisive : la situation fiscale des plus hauts revenus et des plus grandes fortunes.

28 Mai 2011 Par   Laurent Mauduit

 

 

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Publié dans Fiscalité-Finances

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