Martine Aubry dans la schizophrénie du pacte de Marrakech

Publié le par desirsdavenirparis5

 

 

C'est en apparence une nouvelle vie qui commence pour Martine Aubry. Liée hier par le « pacte de Marrakech » au terme duquel Dominique Strauss-Kahn devait être le candidat socialiste pour l'élection présidentielle de 2012, la voici aujourd'hui libre de tout engagement, fût-il secret. Libre de jouer les premiers rôles, puisque l'ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI) est politiquement hors jeu, et d'affronter François Hollande ou encore Arnaud Montebourg lors des primaires du Parti socialiste.

Pourquoi d'ailleurs ne serait-elle pas légitime à incarner le projet socialiste pour 2012, puisque c'est précisément sous son autorité de première secrétaire qu'il a été élaboré?

Libre, donc, mais à une réserve près, qu'il est impossible d'escamoter : concluant ce pacte avec « DSK » à l'occasion d'un séjour dans le luxueux riad marocain que son ami possède avec son épouse Anne Sinclair, Martine Aubry s'est alors placeé dans une position schizophrène. Côté cour, elle pilotait la préparation d'un projet qui se veut très ancré à gauche, tournant le dos à de nombreuses orientations néo-libérales dans lesquelles le PS s'est longtemps égaré, sous Pierre Bérégovoy ou même Lionel Jospin.

Mais côté jardin, elle se préparait à apporter son concours à DSK qui a longtemps été la tête de proue du courant néo-libéral au sein du Parti socialiste. Une fois qu'elle aura déclaré sa candidature aux primaires du PS, en quelle Martine Aubry faudra-t-il donc croire : en celle qui défendait un nouveau projet vraiment ancré à gauche ; ou bien en celle qui s'apprêtait à faire campagne pour le très libéral Dominique Strauss-Kahn ?

Martine Aubry peut d'autant moins échapper à cette question que, privés subitement de leur chef et craignant sans doute pour leur carrière, beaucoup de partisans de Dominique Strauss-Kahn (à l'exception notable de Pierre Moscovici, qui n'a pas besoin de faire allégeance pour survivre en politique) ont compris qu'ils avaient intérêt à rester groupés, au moins provisoirement, pour mieux marchander leur ralliement. Depuis que le scandale DSK a éclaté, nombre des proches de l'ancien patron du FMI font donc souvent entendre cette petite musique : au moins faut-il que les idées qu'il incarnait soient représentées dans la campagne.

C'est le député socialiste de Paris, Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK, qui a exprimé le plus nettement cette position, lors de l'émission « Le Talk » du Figaro, le 23 mai dernier (voir la vidéo ci-dessous): « Les strauss-kahniens doivent rester unis et continuer à peser dans les débats politiques socialistes avec les idées qui sont les leurs. Elles étaient assez populaires, donc ils auraient tort de s'en séparer. »

Et au passage, il a donné une illustration de ce qu'étaient ces idées politiques, droitières, en suggérant qu'en certains points, elles rejoignaient celles que défend l'actuelle ministre des finances, Christine Lagarde, candidate à la succession de DSK au FMI. « Je ne voudrais surtout pas l'embêter. Si j'en juge par sa politique économique, je ne peux pas la soutenir, parce que je l'ai combattue à l'Assemblée nationale, mais si je peux voir ce qu'elle a pu faire avec Dominique Strauss-Kahn au niveau du FMI, c'est-à-dire une ébauche de politique régulatrice, peut-être qu'elle peut continuer l'œuvre de Dominique Strauss-Kahn, ce serait une bonne chose. »........


Cet héritage politique, il faut donc avoir la lucidité de le regarder en face. Le voici :

Impôt sur le revenu.

Stock-options.

  Impôt de solidarité sur la fortune.

 L'équilibre budgétaire.

 Les privatisations.

   
Livret A.Le legs Jospin.

 

www.mediapart.fr/article/offert/54f8c22ecb2e89e3d17d3574d8212037

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