M. Rupert Murdoch, empereur des médias

Publié le par desirsdavenirparis5

L’un des hommes les plus puissants du monde


Au moment où M. François Pinault s’empare d’une partie significative du capital de TF1, l’alliance nouée par M. Rupert Murdoch avec cette chaîne accélère la recomposition industrielle (et idéologique) autour de priorités de plus en plus mercantiles. La personnalité du baron australo-américain des médias est en effet tellement caricaturale qu’elle en devient presque pédagogique : réactionnaire, pourfendeur des syndicats, ami et parrain des puissants (qu’ils soient de droite ou de centre-gauche), patron de clubs sportifs manipulés aux seules fins de rapporter un profit maximum. Avec l’achat de Manchester United, M. Murdoch vient tout juste de réaliser l’une de ses plus grosses affaires.
Par Jean-Claude Sergeant

M. David Elstein, directeur général de Channel 5 Broadcasting, dernière-née des chaînes hertziennes britanniques, avait été chargé par le gouvernement de M. Anthony Blair d’organiser la conférence audiovisuelle de Birmingham du 6 au 9 avril 1998. Le Royaume-Uni, en charge de la présidence de l’Union européenne jusqu’à la fin juin, entendait ainsi marquer l’intérêt qu’il portait à la réforme de l’actuelle politique audiovisuelle de l’Union, jugée inadaptée aux enjeux définis par le développement du numérique.
 
Par souci de réalisme, mais sans doute aussi par goût de la provocation, M. Elstein avait invité M. Rupert Murdoch, dirigeant du septième groupe international de médias, à prendre la parole dès le premier jour de la conférence (1). Les quelque quatre cents participants à ce forum exceptionnel ne furent pas déçus. Le patron de News Corp. développa sa diatribe traditionnelle à l’encontre des organes audiovisuels publics, accusés de bénéficier d’une rente de situation « inique et malsaine », allant jusqu’à accuser aussi l’Union européenne de radiodiffusion (UER) de pervertir les lois du marché.
 
M. Murdoch s’en prit tout particulièrement à la BBC et à la redevance télévisée, que le magnat compara à un impôt indirect, tout en stigmatisant la concurrence déloyale de la nouvelle chaîne d’information continue lancée par ladite BBC en automne dernier. Les groupes privés de télévision britanniques n’ont pas été davantage épargnés par M. Murdoch, qui a dénoncé leur passivité et leur manque de volontarisme commercial. A l’entendre, les principaux acteurs de la télévision privée britannique - Carlton, Granada -, dont aucun n’a une surface comparable à Bertelsmann ou Canal Plus, passent davantage de temps à faire pression sur le pouvoir politique pour conserver ou conforter leurs intérêts acquis sur le plan national qu’à conquérir des parts de marché à l’extérieur.
 
Pourfendeur de tous les protectionnismes, M. Murdoch s’est ensuite appliqué à dissiper les craintes de ceux qui redoutent l’hégémonie de son groupe sur l’audiovisuel britannique. News Corp., la société mère enregistrée en Australie, ne détient que 40 % du capital de BSkyB, le principal système de télévision satellitaire européen, dont la douzaine de chaînes dirigées et diffusées par le groupe ne représentent que 5 % de l’audience des chaînes privées britanniques. Adoptant un profil bas, le baron des médias confirma que le décodeur permettant l’accès aux cinquante chaînes numériques que BSkyB s’apprêtait à lancer début octobre serait également compatible avec les autres plates-formes numériques.
 
L’argumentation développée par M. Murdoch n’est pas entièrement nouvelle. Déjà, en 1995, à la suite de la publication, par le gouvernement britannique, du Livre vert énonçant les projets officiels en matière de participations croisées, il avait tonné contre le manque de courage d’un gouvernement qui s’était, selon lui, « laissé à nouveau séduire par l’establishment au point de se faire le champion des médiocres aux dépens des excellents (2) ». Le projet, concrétisé par la loi sur l’audiovisuel de 1996, proposait d’interdire la prise de contrôle d’une société de télévision privée par un groupe de presse détenant plus de 20 % du marché national. Les ventes de cinq titres contrôlés par News International (3), filiale britannique de News Corp., représentant 35 % de l’ensemble des ventes de la presse nationale, le groupe se voyait exclu du marché de la télévision privée, alors en pleine restructuration. Tout comme le groupe Mirror, qui, avec ses 26 % de parts de marché, dépassait largement le seuil autorisé.
 
M. Murdoch reprochait au gouvernement de M. John Major de s’être laissé circonvenir par les médiocres - Carlton, Associated Newspapers, Pearson, le groupe Guardian -, qui n’auraient pas eu, comme lui, le courage de se lancer dans l’aventure du satellite en temps voulu. Le revirement politique du magnat de la presse en faveur de M. Blair et de son travaillisme rénové s’explique sans doute en grande partie par l’éviction de son groupe de toute participation majeure dans le marché de la télévision privée hertzienne britannique.
Si le tycoon pouvait s’estimer maltraité par un gouvernement refusant de prendre en compte le rôle de pionnier qu’il avait joué dans l’évolution de la presse et de l’audiovisuel britanniques, il était malvenu de reprocher à ses concurrents d’user de leur crédit auprès des responsables politiques pour soutenir leurs intérêts. On peut en effet se demander si les bonnes relations que M. Murdoch entretenait avec Mme Margaret Thatcher, soutenue dès 1979 par les titres du groupe, n’ont pas joué lors du rachat du Times et du Sunday Times en 1981. Préalablement à la vente, la Commission sur les fusions et les monopoles aurait dû établir un rapport dès lors que l’un des titres - le Sunday Times - dépassait une diffusion de 500 000 exemplaires.
 
Il n’en fut rien. De même, l’organe de régulation de l’audiovisuel privé - l’Independent Broadcasting Authority (IBA) - aurait pu s’opposer à la fusion en 1990 de Sky Television (Murdoch) avec le consortium British Satellite Broadcasting, auquel l’IBA avait accordé une licence. On laissa à M. Murdoch les coudées franches, sans doute au nom du réalisme économique - le consortium BSB était au bord de la faillite - sans qu’il soit raisonnable d’exclure les interventions politiques. Ainsi Citizen Murdoch put-il éliminer son concurrent et, du même coup, s’octroyer le monopole de la fourniture de services satellitaires au Royaume-Uni tout en s’affranchissant (dès lors que ses chaînes étaient émises depuis le Luxembourg) des contraintes qui s’appliquent à toute société de télévision nationale.
 
Considéré comme un prédateur au Royaume-Uni, l’homme de presse partageait avec Mme Thatcher un goût pour la libre entreprise et la haine de l’establishment bien-pensant incapable d’innover et de prendre des risques. Depuis son rachat en 1969 du News of the World, gros tirage de la presse dominicale plus porté sur les potins d’alcôve que sur l’analyse politique, M. Murdoch a fait figure de paria dans le petit cercle des propriétaires de presse de Fleet Street. En reprenant le Sun la même année, il allait bouleverser la presse britannique. Devenu tabloïd, le titre, ultime avatar du Daily Herald, porte-parole du mouvement syndical, marquait les contours d’un nouveau journalisme axé sur le poujadisme, l’érotisme et le divertissement, sans oublier le sport.
 
La trivialisation de la presse populaire britannique date de cette époque. Moins de dix ans plus tard, en 1978, la diffusion du Sun franchissait pour la première fois la barre des quatre millions d’exemplaires. Entre-temps, l’entrepreneur avait pris pied aux Etats-Unis grâce à l’acquisition du New York Post (1976) et de deux magazines, New York et The Village Voice, connus pour leurs positions progressistes.
 
En un sens, M. Murdoch n’est pas de la trempe des barons de presse flamboyants des années 30 qui ont marqué l’histoire politique du Royaume-Uni et qui, au sommet de leur puissance, pouvaient avouer qu’ils utilisaient leurs journaux à des fins de propagande. Le magnat est avant tout mû par la recherche du profit, ce qui ne l’empêche pas de manifester un attachement à des valeurs néolibérales et conservatrices qui ne correspondent pas toujours à celles de ses rédacteurs en chef. Un an lui a suffi pour se débarrasser de M. Harold Evans, à qui il avait confié la rédaction du Times lors de son rachat en 1981. M. Evans avait en effet le tort d’être un peu trop ouvert à des thèses social- démocrates et de ne pas suivre aveuglément la ligne thatchérienne que M. Murdoch souhaitait voir respecter par les titres de son groupe (4).
 
M. Andrew Neil, rédacteur en chef du Sunday Times, eut lui aussi quelque peine à faire accepter, par son propriétaire, son soutien à un adversaire conservateur de Mme Thatcher lors de la crise de novembre 1990 qui aboutit au remplacement de cette dernière par M. John Major : le baron des médias se débarrassa d’Andrew Neil en 1994 après que celui-ci, par ses enquêtes intempestives, eut mis en péril, en Malaisie, la stratégie de diffusion du réseau de télévision Star TV en Asie (5).
 
M. Murdoch a toutefois suffisamment d’habileté pour ne pas toujours imposer ses options politiques à ses rédactions. Au cours de la campagne électorale de 1997 au Royaume-Uni, le Times a appelé ses lecteurs à voter pour des candidats antieuropéens, quel que soit leur parti, alors que le soutien déclaré du Sun au New Labour de M. Blair a contribué à amplifier la victoire du dirigeant travailliste, que tout le monde donnait, de toute façon, gagnant.
 
C’est en septembre 1994 que le magnat a rencontré pour la première fois M. Blair. Il souhaitait obtenir du jeune dirigeant travailliste des assurances sur la réglementation en matière de participations croisées entre médias. Il entendait également le sonder sur la question de la reconnaissance des sections syndicales d’entreprise, les syndicats n’ayant plus droit de cité à News International depuis 1987.
 
Une vraie complicité avec M. Blair
M.BLAIR a sans doute su se présenter en héritier spirituel de Mme Thatcher et en adversaire d’une réglementation paralysante. En tout cas, il a été invité par M. Murdoch à venir, en 1995, définir son projet politique dans une île proche de l’Australie. Le courant est manifestement passé entre les deux hommes : dès le congrès travailliste d’octobre 1995, les journaux du groupe Murdoch, le Sun en tête, rendaient chaleureusement compte du discours du dirigeant travailliste. Soulignant son caractère patriotique, le Times du 4 octobre y consacrait même le tiers de sa « une », dominée par le verdict du procès O. J. Simpson.
 
Même si l’actuel premier ministre n’a rien cédé sur le fond, s’agissant des limites imposées aux groupes de presse en matière de contrôle des sociétés de télévision privées, il subsiste entre les deux hommes une sorte d’entente, sinon de complicité. Ainsi, en mars 1998, lors d’une conversation privée avec son homologue italien, M. Romano Prodi, M. Blair s’est fait l’avocat du projet de M. Murdoch d’acquérir la société Mediaset dirigée par M. Silvio Berlusconi. Ce n’était pas la première fois qu’il envisageait de reprendre tout ou partie de Fininvest, le holding télévisuel contrôlé par le magnat italien. Cette tentative n’a pas abouti, le patron de News Corporation reculant devant le prix de cession (3,2 milliards de dollars) demandé par M. Berlusconi.
 
L’intervention de M. Blair signifie toutefois que la défense des intérêts commerciaux d’un dirigeant d’entreprise (par ailleurs partisan du libéralisme économique) a figuré au nombre des thèmes évoqués par deux chefs de gouvernement. Le refus, par le gouvernement britannique, d’inclure dans le récent projet de loi sur la concurrence un amendement voté par la Chambre des Lords interdisant le dumping auquel se livre le groupe Murdoch depuis 1993 en cassant le prix de vente de ses journaux, a constitué un autre signe du souci de M. Blair de ménager M. Murdoch. Sans doute le premier ministre travailliste cherche-t-il à se concilier les bonnes grâces d’un patron de presse dont l’appui sera déterminant lors du référendum britannique sur le passage à la monnaie unique.
 
Mais, sur ce sujet, le groupe Murdoch ne se prive pas d’adresser des mises en garde au premier ministre. La dernière a pris la forme d’un éditorial en première page du Sun (24 juin) dont la teneur était résumée par la manchette combative accompagnant la photo de M. Blair : « Est-ce l’homme le plus dangereux de Grande-Bretagne ? » Tout en réaffirmant son soutien à celui que l’éditorialiste qualifie d’ « homme politique le plus populaire de la planète », le Sun circonscrit ainsi le soutien qu’il lui apporte : « S’il a l’intention de nous engager dans la monnaie unique, il se heurtera à l’opposition résolue du Sun. » Cette phrase tirée de l’éditorial s’accorde assez bien avec les positions du magnat de la presse, pour qui l’institution communautaire est avant tout une machine à fabriquer des réglementations contraires à la liberté d’entreprendre.
Mécène de l’ultra-droite américaine

C’EST sans doute avec l’espoir de convaincre M. Murdoch du bien-fondé de la position officielle sur l’euro que le ministre des finances, M. Gordon Brown, a accepté de se rendre en juillet dernier dans une station de sports d’hiver des Etats-Unis où Murdoch réunit les dirigeants de ses différentes sociétés. Il y a rencontré son conseiller depuis près de vingt ans, M. Irwin Steltzer, par ailleurs directeur d’études à l’American Enterprise Institute, un centre de recherche situé dans la mouvance de la droite américaine.
 
C’est à ce spécialiste de l’économie des médias que le patron de News Corporation a confié le soin de gérer les relations avec le premier ministre britannique, qu’il s’agisse du dossier du Millennium Dome (une gigantesque infrastructure censée marquer le passage au troisième millénaire à laquelle le Sun a fini par accorder son soutien) ou de la position britannique sur l’euro.
 
Il existe d’autres affinités, plus subtiles, entre M. Blair et M. Murdoch. Le premier n’a jamais caché ses engagements religieux. Le second, élevé dans la foi presbytérienne, serait resté fidèle aux valeurs de son enfance. Andrew Neil exprime toutefois quelques réserves : « Je crois que l’affinité qu’il [avait] avec la droite chrétienne [américaine] avait des raisons politiques plus que religieuses (6). » Cette dimension philosophique explique en partie la position de M. Murdoch sur l’échiquier politique américain.
 
Celui-ci s’est en effet engagé sans réserve aux côtés de l’aile droite du Parti républicain, animée par M. Newton Gingrich, président (démissionnaire) de la Chambre des représentants, qui impute aux médias la régression morale de l’Amérique (7). Tout comme Mme Thatcher et le colonel d’extrême droite Oliver North, M. Newt Gingrich a choisi l’un des joyaux de l’empire News Corp., HarperCollins, pour éditeur. L’avance qui lui avait été consentie (4,5 millions de dollars) a paru tellement extravagante qu’elle a un peu trop ressemblé à la tentative de soudoyer un parlementaire influent susceptible de favoriser les intérêts de M. Murdoch. Devant l’ampleur du scandale, M. Gingrich avait dû rembourser la somme avancée (8). Le patron de News Corp. ne se contente pas d’être le vecteur indirect des idées de la droite américaine. Il en est devenu le pourvoyeur hebdomadaire depuis qu’il finance le Weekly Standard, une petite publication animée par M. William Kristol, un commentateur très médiatique qui fut autrefois chef de cabinet de l’ancien vice-président Dan Quayle.
 
Antimarxiste viscéral, M. Murdoch n’en a pas moins réussi à s’entendre avec les dirigeants de la Chine, qui lui ont accordé le droit de diffuser depuis Hongkong la chaîne de divertissement Phoenix, gérée par Star TV. Il avait, il est vrai, donné des gages de sa bonne volonté politique en éliminant du bouquet satellite en question la chaîne BBC World qui provoquait des froncements de sourcils à Pékin.
C’est également pour se ménager les bonnes grâces du gouvernement chinois que M. Murdoch a critiqué la décision de HarperCollins de publier les Mémoires de M. Chris Patten, dernier gouverneur britannique de Hongkong. La publication de ce texte, très critique à l’égard des dirigeants chinois, risquait de provoquer une tension entre M. Murdoch et Pékin. En prenant, en mars dernier, la décision de dénoncer le contrat d’édition, le directeur général de HarperCollins a déclenché une vague d’indignation que la lettre d’excuses adressée à l’auteur, assortie d’un substantiel dédommagement, n’a qu’en partie apaisée.
 
Tout ne réussit pas à M. Murdoch ; l’année écoulée lui aura apporté son lot de revers. Aux Etats-Unis, le marché du satellite lui restera fermé après trois ans d’efforts, l’acquisition de la dernière licence de diffusion et la commande de deux satellites. Fin novembre, M. Murdoch a revendu l’ensemble de ses moyens satellitaires à EchoStar, quatrième opérateur de télévision par satellite aux Etats-Unis.
Au Royaume-Uni, où l’OPA de News Corp. sur le club de football Manchester United a fait grand bruit début septembre 1998, le gouvernement s’est finalement résolu à saisir la Commission sur les fusions et les monopoles (MCC) qui devra se prononcer d’ici mars prochain sur le risque d’abus de position dominante posé par le contrôle éventuel du club par BSkyB, qui détient jusqu’à 2002 les droits exclusifs de retransmission des matchs de la première division. Il aura néanmoins fallu la pression du ministre des finances et du ministre des sports pour que M. Peter Mandelson, alors encore ministre du commerce et de l’industrie, proche du premier ministre, accepte de mettre en action la MMC, dont l’avis n’engagera d’ailleurs en rien le gouvernement.
 
En Italie, les ambitions de M. Murdoch ont bien failli être compromises par l’hostilité du ministre italien des communications et de l’opposition au projet d’alliance de News Corp. avec Telecom Italia pour l’exploitation d’une deuxième plate-forme numérique concurrente de Telepiù contrôlée à 90 % par Canal Plus. Début décembre, ce projet ne semblait guère séduire M. Franco Bernabe, le nouveau dirigeant de Telecom Italia. Quinze jours plus tard, et contre toute attente, Murdoch se voyait offrir 70 % du capital de la nouvelle plate-forme, baptisée Stream, que News Corp. n’imagine pas pouvoir exploiter seul. Fin décembre 1998 News Corp. et TF1 auraient obtenu 90 % de Stream.
 
Les détracteurs du patron de BSkyB ne sont pas au bout de leurs peines. Il est visible que l’Italie, compte tenu du sous-développement du marché de la télévision payante dans ce pays et de la perspective de contrats d’exclusivité juteux avec les clubs de football locaux, est aujourd’hui au centre de sa stratégie européenne.
 
C’est à Milan qu’a été installée fin novembre 1998 la société News Corp Europe appelée à devenir le moteur du développement du groupe sur le continent. Ce n’est pas non plus par hasard que M. Murdoch en a confié la direction à Letizia Moratti, ancienne et talentueuse responsable de la RAI. La nouvelle filiale du groupe devra parallèlement préparer en partenariat avec TF 1 le projet de lancement pour l’an 2000 d’une chaîne numérique pour les 15-35 ans, concurrente évidente de M 6, pourtant associée à TF 1 dans le capital du bouquet numérique TPS (Télévision par satellite).
 
Le magnat se targue d’être bientôt présent dans les trois quarts des foyers équipés en téléviseurs de la planète. Sa stratégie d’accords avec les diffuseurs locaux lui permettra sans doute d’atteindre son objectif pour peu que, âgé aujourd’hui de soixante-huit ans, il sache préserver l’harmonie entre ses trois héritiers, qui s’interdisent encore de rêver de succession.
Jean-Claude Sergeant.

 
(1) Peut-être faut-il mettre cette initiative sur le compte d’une récente loyauté professionnelle, M. David Elstein ayant été directeur des programmes à BSkyB avant de prendre la direction de Channel 5 Broadcasting.
(2) « Cross ? You bet », The House Magazine, reproduit dans The Guardian, 30 mai 1995.
(3) Sun, News of the World, Times, Sunday Times, Today (disparu en novembre 1995).
(4) Lire, sur les rapports Murdoch-Evans, le compte rendu de Harold Evans, Good Times, Bad Times, Weidenfeld and Nicolson, 1983.
(5) Voir Andre Neil, Full Disclosure, Pan Books, 1996, chapitre 14.
(6) Andrew Neil, op. cit., p. 212.
(7) Lire le dossier « Démanteler le New Deal, faire payer les pauvres », Le Monde diplomatique, mai 1995.
(8) Leo Bogart, « What does it all mean ? », Media Studies Journal (université Columbia), printemps-été 1996, pp. 15-27.
 
http://www.monde-diplomatique.fr/1999/01/SERGEANT



Archives — Janvier 1999

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