Les jeunes Français sont plus critiques envers l’Eglise que les autres Européens

Publié le par desirsdavenirparis5

Les Européens de 18-35 ans estiment que les chrétiens sont suffisamment visibles dans la société et attribuent aux Églises leurs missions traditionnelles, comme la paix dans le monde ou la lutte contre la pauvreté, d’après une enquête Ifop réalisée pour « La Croix » en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne et en Grande-Bretagne.
Enquête Ifop-La Croix sur la vision du christianisme des jeunes Européens <http://www.la-croix.com/Religion/S-informer/Actualite/Enquete-Ifop-La-Croix-sur-la-vision-du-christianisme-des-jeunes-Europeens-_NG_-2011-08-07-696964>
Comment les jeunes Européens jugent-ils la présence des chrétiens dans leurs pays respectifs ?
 
Selon l’enquête Ifop de 2010 (1) dont ont été extraits les résultats spécifiques aux 18-35 ans, 61 % des Français, Espagnols, Allemands, Italiens et Britanniques correspondant à cette tranche d’âge estiment que les chrétiens sont « suffisamment visibles » dans la société.
Directeur adjoint du département Opinion de l’Ifop, Jérôme Fourquet en tire la conclusion d’une « position distanciée des jeunes Européens vis-à-vis des Églises ». « De manière positive, on peut parler de relations apaisées », estime-t-il, sans nier que ces statistiques peuvent aussi traduire une forme d’indifférence.
Ainsi, en France, 68 % des sondés ne trouvent rien à redire à la visibilité des chrétiens dans le paysage social. En revanche, en Espagne, l’écart reste nettement plus vif entre ceux qui jugent que l’Église fait trop parler d’elle (28 %) et ceux qui affichent une position contraire (25 %).

Quel regard portent les jeunes sur les Églises chrétiennes et leur communication ?  
Le constat est quasi unanime : les Églises ne savent pas s’adresser aux jeunes générations et ne trouvent pas les bons mots. Seuls les Italiens leur accordent un satisfecit, prouvant la place que l’institution catholique occupe dans le pays.
Les Français se montrent les plus critiques, tout comme ils manifestent le plus grand relativisme : pour 66 % d’entre eux, toutes les religions se valent, alors que les jeunes Européens ne sont en moyenne « que » 49 % à le penser. Les jeunes Français se distinguent aussi, n’étant que 41 % à estimer que le message et les valeurs du christianisme restent d’actualité, contre 50 % en moyenne chez les jeunes Européens.

Quelles priorités donnent les jeunes aux Églises ?  
«  Pour les jeunes Européens, les Églises doivent d’abord agir ici et maintenant, relève Jérôme Fourquet. Plus que les valeurs, ce sont les actes qui comptent à leurs yeux. Les grands sujets comme la bioéthique, l’accueil et l’intégration des immigrés, la moralisation du capitalisme ou plus encore la construction européenne n’intéressent que les plus convaincus d’entre eux. »
À une semaine du début des JMJ à Madrid, l’étude de l’Ifop rappelle qu’agir pour la paix dans le monde (44 %) et lutter contre la pauvreté (46 %) doivent être la priorité des croyants. Les Britanniques ajoutent une troisième urgence : être présent et disponible dans les moments clés de la vie.
En ce qui concerne la solidarité avec les plus pauvres, le thème est particulièrement sensible en Espagne. Les jeunes Français, eux, se montrent très attentifs au dialogue entre les différentes cultures et religions, tandis que les jeunes Italiens attendent surtout des Églises qu’elles fassent la promotion de l’éducation et des valeurs familiales.

 
(1) Cette enquête publiée dans La Croix  le 2 avril 2010 avait été effectuée auprès d’un échantillon représentatif de Français, d’Allemands, d’Espagnols, de Britanniques et d’Italiens âgés de 18 ans et plus.

BRUNO BOUVET

http://www.la-croix.com/Religion/S-informer/Actualite/Les-jeunes-Francais-sont-plus-critiques-envers-l-Eglise-que-les-autres-Europeens-_EG_-2011-08-07-696967

Publié dans Religion - laïcité

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