Le riche, le pauvre et les niches : une fable fiscale peu sociale

Publié le par desirsdavenirparis5

 

Mieux vaut être riche. D'abord, toutes choses égales, plus on est riche, moins on paie d'impôts. Comme l'ont montré les auteurs de « Pour une révolution fiscale », en haut de l'échelle, au-delà de quelque 60 000 euros de revenus bruts mensuels, le taux d'imposition global, tous impôts confondus, descend au-dessous de la barre des 40%, alors que ce taux est estimé à 45% pour un revenu de 1 700 euros brut par mois.

Au-delà de cette régression fiscale, l'Insee vient tout juste de montrer qu'entre 2008 et 2009, ces 10% les plus riches avaient vu leur pouvoir d'achat progresser de 0,7% alors qu'à l'autre extrémité, les 10% les plus pauvres ont vu le leur régresser de 1,1%. Et ce n'est pas la mini-taxette concédée par le gouvernement qui rétablira les choses.

Il ne fait pas très bon être pauvre. C'est le cumul des handicaps qui entre en jeu : chômage ou emploi précaire et en conséquence, impossibilité de trouver un logement, à quoi s'ajoutent des services publics de plus en plus en berne. Et un bon coup de crise économique génératrice de chômage et de précarité supplémentaire.

C'était donc, toujours selon cette étude de l'Insee en 2009, plus de 8 millions de nos concitoyens qui disposaient de moins de 954 euros par mois et parmi ceux-ci, près de 3 millions occupaient un emploi. La situation aurait encore empiré depuis 2009.

A chacun sa niche. Que n'a-t-on entendu à propos des niches fiscales ou sociales ? Utiles ou inefficaces ? Gaspilleuses de milliards (50 ou 80 ou davantage encore, c'est selon) ou justement et utilement redistributrices et correctrices des forces du marché ? En soi, que l'Etat veuille orienter l'activité économique ou favoriser telle ou telle action n'est pas une aberration.

En revanche – et c'est l'apport principal du tout récent rapport de l'Inspection générale des Finances sur le sujet –, c'est qu'à multiplier les niches pudiquement nommées « dépenses fiscales » (autrement dit les dérogations aux obligations fiscales ou sociales de chacun), on aboutit à un niveau de complexité considérable qui rend l'ensemble totalement incompréhensible pour les citoyens.

Et encore, ledit rapport fait l'impasse sur toute une série d'exonérations « déclassées » par le pouvoir au fil des ans, comme le révèle Alternatives Economiques dans sa dernière livraison. On n'est plus dans un univers de niches, mais dans un monde de chenils surdimensionnés !

PLAN

Pas de niche pour les pauvres

Préférer les aides directes aux entorses à la règle

Aucune distinction entre les niches utiles ou injustes

 

Par Sylvain Gouz | Journaliste | 02/09/2011 | 15H24

http://www.rue89.com/sylvain-gouz/2011/09/02/le-riche-le-pauvre-et-les-niches-une-fable-fiscale-peu-sociale-220280

 

Publié dans Fiscalité-Finances

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