Laitiers : Ségolène Royal et sa “ filière équitable

Publié le par desirsdavenirparis5

Visite impromptue de la présidente de Région lors d'une distribution de lait, hier à Coulonges-sur-l'Autize. Elle évoque une alternative à la coopération.
 Frémissement interrogatif, ce mardi matin à Coulonges-sur-L'Autize. L'annonce de la venue de Ségolène Royal a vite fait le tour du marché. Les éleveurs laitiers du canton, objet de cette étape impromptue, décidée la veille au soir par la présidente de Région, ont été les derniers informés de ce soutien, troisième en trois semaines dans le département. En effet, les gestionnaires de l'agenda présidentiel avaient coché cette distribution de lait coulongeoise, après un déplacement dans une exploitation de Melleran et une confidentielle traite matinale, samedi dernier dans une ferme de Nanteuil.
Près d'une trentaine de producteurs, rejoints par des collègues vendéens, ont offert en quelques heures environ 2.000 litres de lait à des consommateurs majoritairement ruraux, visiblement au courant des difficultés de la profession. « Il s'agit d'un don du désespoir », explique Patrice Boinot à Ségolène Royal qui, pichet de lait en main, vient de participer au remplissage de quelques bouteilles en plastiques. Sur un air poussé depuis plus d'un mois par l'APLI (association des producteurs de lait indépendants), l'éleveur de La Chapelle-Thireuil a redit la détresse des paysans qui réclament « le maintien des quotas et une nouvelle régulation des marchés ». Surtout, « veulent vivre convenablement de leur métier », tout en s'étonnant du « silence assourdissant des politiques » et suspectant « l'opacité des coopératives ». Sur les premiers, la présidente prend ses interlocuteurs au mot : invitation est lancée, comme aux ouvrières d'Aubade, de venir témoigner à la tribune de l'assemblée régionale, lundi prochain. Sur les secondes, l'élue a aussi sa petite idée.
  Ségolène Royal esquisse sommairement les contours d'une alternative régionale de « filière équitable » du lait. La présidente de Région soutenant vouloir « faire la démonstration qu'une filière courte est possible », se dit prête à « investir dans le capital d'une laiterie » pour aboutir à « l'idéal d'une coopérative qui travaille en transparence ». Polis et attentifs, les laitiers ont écouté, sans emballement. « D'ici que ça se passe, on sera déjà mort… » Convaincus que l'urgence de la sortie de crise passe d'abord par Bruxelles, voire Paris.

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Jean Rouziès
nr.niort@nrco.fr

 


 

 

 

 

 

 

Publié dans Poitou-Charentes

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