La transparence, entre exigence et obsession

Publié le par desirsdavenirparis5


La défiance envers les institutions et les différents lieux de pouvoir incite de nombreux citoyens ou consommateurs à exiger un accès libre et sans filtre aux processus de décision

Le site WikiLeaks n’en finit pas de faire des vagues. Lundi 6 décembre, il a publié une liste secrète de sites industriels et infrastructures sensibles à travers le monde que les États-Unis veulent protéger d’attaques terroristes, car leur perte, selon le département d’État, « affecterait de manière significative » la sécurité américaine. Dans tous les domaines, c’est un fait que le secret est aujourd’hui de moins en moins bien perçu. Tour d’horizon des sujets sensibles.

Diplomatie : comment WikiLeaks a changé la donne

Depuis les années 1990, les débats de politique internationale sont dominés par le concept de « bonne gouvernance », censée promouvoir démocratie et vigueur économique grâce, en particulier, à la transparence. Les leaders politiques doivent rendre des comptes aux citoyens, et l’accès libre aux débats en vigueur au sommet de l’État apparaît comme le meilleur moyen de venir à bout de dérives entretenues par le goût du secret.

Mais la publication par le site WikiLeaks ces dernières semaines de 250 000 câbles du département d’État américain a orienté la discussion sur la transparence en matière de diplomatie. Pour les uns, cette démarche est citoyenne. Eva Joly, eurodéputée Europe Écologie Les Verts, a vu dans ces documents « des éléments extraordinairement importants du débat démocratique ». « Il y a trop de secrets, a-t-elle ajouté, on traite les citoyens comme si c’étaient des enfants auxquels les parents doivent cacher ce qui se passe réellement. »

Certains estiment ainsi que dans les sociétés ouvertes, les gouvernements devraient négocier à visage découvert, et ne pas défendre en privé des opinions qu’ils sont incapables d’assumer en public.

Pour les autres, en revanche, transparence et diplomatie ne peuvent aller de pair : les négociations comportent, par défini
tion, une part de confidentialité. Sans secret, sans bluff, pas de tractations, pas d’accords. Ce n’est d’ailleurs par un hasard si le chef de la diplomatie américaine porte le titre officiel de « secrétaire d’État » – ce qui en fait le « dépositaire de certains secrets ».

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 06/12/2010 18:00

Gilles BIASSETTE, Pierre BIENVAULT, Marie BOËTON, Bernard GORCE et Sébastien MAILLARD

/www.la-croix.com/La-transparence-entre-exigence-et-obsession/article/2448018/25041

Publié dans Morale-Moeurs-Loi

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