La République des Pères et Mères la morale … pour les autres (435)

Publié le par desirsdavenirparis5

 


Trop c’est trop !

On fustige les jeunes voyous ; on veut nettoyer la vermine des banlieues au karcher ; on montre du doigt les enfants roms tenus pour être des voleurs quand ils sont d’abord les petites mains victimes d’une délinquance industrielle. Plus grave encore, on a déconstruit la justice des mineurs pour faire en sorte que les enfants soient jugés et punis comme des majeurs : puisque les enfants d’aujourd’hui ne sont plus les enfants d’hier on les jugera vite avec la comparution immédiate – sans laisser le temps au travail éducatif tenu pour inutile de faire son effet - pour les juger forts ; on veillera à qu’ils aient peur de la punition pour éviter le passage à l’acte. Il faut aussi combattre les juges complaisants qui retiendraient des circonstances atténuantes tirées de leur histoire et de leur personnalité : on leur appliquera les peines-planchers ; on leur supprimera automatiquement l’excuse de minorité.

Et dans le même temps que voit-on de la part des adultes ? Des scandales tous plus importants les uns que les autres qui auraient fait sauter n’importe quel ministre ou gouvernement dans une autre démocratie occidentale. Impunité, cynisme, mensonges, impudence, amoralité, on trouve de tout tous les jours. L’actualité déborde d’illustrations désastreuses pour la démocratie et une certaine idée de la citoyenneté.

En vrac et sans faire de gros efforts de recherche :

Un ancien maire de Paris ne peut plus comparaitre en justice à force d’avoir retardé ou fait retarder son jugement avant d’obtenir une dispense de comparaitre au prétexte qu’il aurait désormais des trous de mémoire qui l’empêcheraient de restituer ce qu’il a vécu. Pourtant il est toujours capable et lucide au point d’écrire une lettre très claire à ses juges pour dénier qu’il ait mis en place un système pour financer sur le dos du contribuable parisien sa vie politique et celle de son parti. Pourtant encore il dispose du discernement pour porter plainte contre celui qui l’accuse d’avoir reçu des mallettes de billets !

Le même accepte d’indemniser la mairie de Paris pour avoir détourné à son profit des emplois – une poignée a été retenue après une belle opération de nettoyage judiciaire - et déclare, là encore avec l’appui du parquet, ne pas avoir commis le moindre délit ! Et ne revenons pas sur le sentiment largement répandu que durant toute sa vie politique, affaire après affaire, il aura évité toute condamnation pénale.

Un ancien membre du Conseil Constitutionnel reconnaît publiquement avoir « rectifié » à la baisse les chiffres de campagne de deux candidats pour éviter l’invalidation de l’élection présidentielle. Et on sait que l’ancien président de ce Conseil, lui-même en délicatesse avec la justice, avait fait pencher la balance dans le bon sens, comme il le dit lui-même, dans l’intérêt général.

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On renoncera à énoncer des exemples de favoritisme partisan ou de népotisme ! Des mots doux qui volent bas et des réponses à la carte : ainsi le président de la République traite un individu de connard devant toutes les télévisions sans autre conséquence que la réprobation d’une partie de l’opinion tandis qu’un citoyen qui le traite du même qualificatif (scandaleux) est poursuivi en justice. Un avocat des victimes de l’attentat de Karachi n’hésite pas en direct à la télévision à tenir des propos grossiers à l’égard de sa contradictrice en lui disant « Vous savez où vous pouvez vous la mettre votre République irréprochable ? » ......

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 P

jprosen.blog.lemonde.fr/2011/09/24/la-republique-des-peres-et-meres-la-morale-pour-les-autres-435/

Publié dans Sarkozy & scandales

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