La France, la Nation, l'identité nationale : ce que Ségolène Royal en a dit

Publié le par desirsdavenirparis5

La France, la Nation, l'identité nationale : pour Ségolène Royal, ce n'est pas d'aujourd'hui...

Ségolène Royal porte de longue date une vision de la France, de la Nation et de l'identité nationale. Son mérite n'est pas seulement d'avoir été la première à en parler, pas seulement d'avoir reconquis un terrain abandonné à tort à la droite, pas seulement d'avoir assumé cette cohérence au fil des ans, mais aussi d'avoir dit avec constance des choses profondes et fortes en phase avec les interrogations légitimes des Français confrontés à une mondialisation anarchique, à une Europe souvent décevante et aux mutations accélérées de la société française.

Elle a eu raison contre ceux qui confondent Péguy et Pétain, le patriotisme populaire et le nationalisme obtus. Elle a eu raison, à rebours des conformismes d'une certaine gauche, de défendre depuis longtemps une conception de la Nation qui tient compte du visage de la France d'aujourd'hui.

Alors, parce que nous sommes fier(e)s d'affirmer avec Ségolène Royal l'actualité d'une conception fraternelle de la Nation, voici, dans l'ordre chronologique, divers extraits de ses discours, écrits et déclarations qui témoignent qu'elle n'a attendu ni 2007 ni 2009 pour porter une vision de l'identité nationale qui rime avec solidarité, hospitalité et ouverture au monde.

Nous aurions pu commencer plus tôt et poursuivre au-delà mais nous avons choisi de démarrer avec son discours de Cambrin, prononcé en avril 2006 devant une assistance majoritairement ouvrière, et de nous arrêter un an plus tard, en avril 2007, avec son grand discours sur Jaurès.

Quant à la droite sarkozyste qui vient d'accumuler couacs et désaveux jusque dans les rangs de sa majorité, il est clair qu'elle tente, une fois de plus, de faire diversion. On sait l'Elysée consommateur effréné de sondages en tous genres et, si l'on en croit la Cour des Comptes, peu regardant sur leur coût. On imagine donc sans peine qu'au fait de la défiance croissante de l'opinion, la droite a fait le calcul d'un opportun tintamarre sur cette question sensible. Faire, en vue de prochaines échéances électorales, le plein des voix de droite et d'extrême-droite n'est sans doute pas étranger à la soudaine promotion d'un sujet sur lequel, c'est le moins qu'on puisse dire, les approches divergent.

La ficelle, c'est sûr, est de taille, alors même que des politiques désastreuses minent la Nation en dressant les Français les uns contre les autres et portent atteinte à l'image internationale de la France.
Comme pour faire oublier combien les injustices – fiscales, sociales, scolaires territoriales et autres – la défigurent et la fragilisent.
Comme pour faire oublier ce mauvais parfum d'Ancien Régime qui flotte avec insistance sur la France où l'on fit une Révolution pour en finir avec les privilèges héréditaires qui reviennent au galop.

Raison de plus pour ne céder aucun pouce du terrain.
Raison de plus pour relire ou découvrir ce que Ségolène Royal en a dit.
Raison de plus pour ouvrir le débat sur Désirs d'Avenir.

Sophie Bouchet-Petersen

 

Tous les discours et déclarations de Ségolène Royal sur la Nation

30 avril 2006 : discours de Ségolène Royal à Cambrin (Pas de Calais), « aimer son pays c'est d'abord avoir le souci de le servir et non pas de se servir ».

9 mai 2006 : discours de Ségolène Royal à Villeurbanne, « ce qui fait France ? Avancer ensemble avec nos différences et la multiplicité de nos talents ».

27 juin 2006 : discours de Ségolène Royal à Soissons, évoquant la mémoire de Louis, fils de Jean Jaurès, tombé au front avant d'avoir 20 ans, et de tous ceux, nés ici ou ailleurs, de toutes origines et de toutes les couleurs, qui vinrent défendre le pays menacé.

20 août 2006 : discours de Ségolène Royal à Frangy, « quand le lien social se délite, c'est la Nation qui se fragilise ».

29 septembre 2006 : discours de Ségolène Royal à Vitrolles, annonce officielle de sa candidature à la candidature, « ce n'est pas en trahissant la République qu'on relève la Nation ».

17 novembre 2006 : discours de Ségolène Royal à Melle, après le vote d'investiture des militants socialistes, « c'est toujours quand le peuple s'y met que la France avance et bâtit un nouvel avenir ».

17 janvier 2007 : discours de Ségolène Royal à Toulon, « une France qui accepte ce qu'elle est devenue – plurielle, diverse, colorée – et qui sache s'en réjouir et en tirer parti ».

6 février 2007 : discours de Ségolène Royal à Paris (Halle Carpentier), « aimer son pays, c'est le vouloir meilleur ».

11 février 2007 : discours de Ségolène Royal à Villepinte (présentation du pacte présidentiel), « la France, c'est ce drôle de pays qui, comme disait André Malraux, n'est jamais aussi grand que lorsqu'il l'est pour tous les hommes ».

Mars 2007 : dans son livre « Maintenant », Ségolène Royal évoque l'importance de La Marseillaise, « ce n'est pas un chant sanguinaire et xénophobe mais un hymne révolutionnaire et patriotique ».

23 mars 2007 : discours de Ségolène Royal à Marseille, « cette garantie d'une égalité réelle, c'est le premier fondement de notre identité nationale » ; les 8.000 participants à ce meeting entonnent, à sa demande, la Marseillaise.

24 mars 2007 : à Correns, dans le Var, Ségolène Royal estime qu'il faut « reconquérir les symboles de la Nation » et que tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore.

28 mars 2007 : interview de Ségolène Royal à Libération, « la Nation, telle que je la conçois, ne demande pas aux gens d'où ils viennent mais où ils veulent aller ensemble ».

6 avril 2007 : discours de Ségolène Royal sur Jean Jaurès, à Carmaux, « Jaurès avait l'amour de la France, de la République et de la Nation ».

28 octobre 2009: Université Participative Populaire, Paris :C'est une "opération de conquête". "Le moment auquel ce débat est lancé est un moment où la politique gouvernementale de la droite est calamiteuse, où le pays est agité par des scandales. C'est une opération de diversion et une opération de conquête d'un certain électorat avant les élections régionales", a-t-elle déclaré à son arrivée à l'Université populaire participative, consacrée aux salariés et à "la valeur travail", qui se tient à la mairie du IVe arrondissement de Paris.

Toutefois, selon l'ex-candidate PS à la présidentielle, il s'agit d'un "vrai débat". Et de préciser : "J'ai été d'ailleurs la première à poser la question de la nation et de l'identité nationale. Depuis 2006, cette question, je l'ai posée, c'est de savoir ce qui fait le lien républicain. (...) Où est-ce que nous voulons aller ensemble ? Qu'est-ce qui fait que les Français tiennent debout ensemble ? Ce débat est fondamental et je n'ai absolument pas peur de l'aborder. (...) Si ce débat a lieu - je souhaite qu'il ait lieu -, on verra quelles sont les valeurs qui unissent les Français, les valeurs qui divisent les Français."

"Je pense qu'aujourd'hui, il y a un grave recul de ce qui fait le ciment de la nation française parce qu'il y a le recul du principe d'égalité, de toutes les formes de fraternité, le recul de la valeur humaine. Ce recul fragilise la nation et il faut remettre des règles", a-t-elle déclaré. Ségolène Royal a également évoqué "la fierté autour du drapeau français", une "revendication" que la gauche "doit porter, car elle l'a trop longtemps laissée à la droite et l'extrême droite".

 

28 octobre 2009

Publié dans Nation

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