La faute aux Grecs (refrain)

Publié le par desirsdavenirparis5

 

Revoilà la Grèce. La Grèce qui renâcle, qui traine les pieds, la Grèce fourbe. La Grèce tricheuse qui n'en finit pas, décidément, de mettre l'Europe en péril. La Grèce qui a nommé aux Finances un "politicien inexpérimenté", obligeant la troïka (FMI, UE, BCE) à "quitter la table des négociations". Comme l'explique (1) le financier-blogueur du Monde, Georges Ugeux, "les efforts visant à effectivement collecter les taxes dues sont considérés comme insuffisants. Il en va de même de l’imposition des riches contribuables grecs qui sont renommées pour leur évasion fiscale sur une grande échelle. Ils ne cherchent même pas à s’en cacher. Il y a un vrai problème d’équité dans le financement d’un Etat dont les nationaux esquivent massivement l’impôt". Résultat, nous expliquent radios et télés depuis lundi soir, un plongeon du CAC 40 (Anne-Sophie, notre éconaute préférée (2), me souffle que ce plongeon pourrait bien aussi avoir pour cause celui de la Société Générale, contre qui le gouvernement américain vient de porter plainte (3), l'accusant d'avoir spéculé sur les subprimes. Mais ne le répétez pas trop).

Revenons en France (c'est le titre qui suit immédiatement, au jité ou dans le journal radio). Rien à voir évidemment. Les parlementaires français, dans leur sagesse, viennent d'adoucir une mesure gouvernementale de taxation de la pluvalue sur la revente des résidences secondaires. Elle était jugée trop "brutale". Les contribuables commençaient à "s'alarmer" d'une telle brutalité. Rien à voir, dit-on. Le propriétaire français de résidence secondaire n'est nullement "renommé" pour ses aptitudes à "l'évasion fiscale", il bénéficie simplement "d'exemptions" ou "d'abattements", ce qui n'a rien à voir. Il ne saurait d'ailleurs être considéré comme un "riche contribuable". Le détenteur de résidence secondaire est même parfois pauvre, et souvent vieux, comme le souligne, touchants exemples à l'appui (4) le site libéral Contrepoints, pertinemment analysé (5) par le blogueur Seb Musset.

 

 

Là-bas, chez ces pelés, ces galeux, on esquive, on évasionne. Ici on adoucit, on assouplit (6). Ce n'est ni la première fois, ni la dernière, que le vocabulaire économique pratique (inconsciemment ?) le "selon que vous serez puissant ou misérable", ou plutôt le "selon que vous parlerez de vous-même ou des autres". Mais c'est un sujet d'émerveillement toujours renouvelé.

 

9 h 15 billet de Schneiderman 6 Septembre 2011

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