La crise financière s’invite dans la primaire PS

Publié le par desirsdavenirparis5

Les candidats socialistes pour la plupart au repos sont contraints par l'actualité économique à se positionner plus tôt que prévu.
 
 
"On peut bien prendre une semaine de vacances !", s’agaçait il y a quelques jours le proche d’un candidat socialiste. Il semblerait que les marchés financiers en aient décidé autrement. Les candidats sont donc sortis de leur torpeur estivale avec plus ou moins d’enthousiasme, appelés à s’exprimer sur l’instabilité boursière et indirectement sur le déficit national. Rude campagne.
 
Face à la chute des bourses mondiales, tous appellent à un réinvestissement politique de l’Europe. Pointant tour à tour le manque de volonté politique et le retard de mise en œuvre des réformes de 2008.
François Hollande, très en pointe sur les questions économiques souhaite que l’UE prenne deux dispositions : "d'abord, amplifier les capacités d'intervention du Fonds. Ensuite, se doter de la possibilité de garantir les emprunts nouveaux que des états membres devront souscrire et emprunter elle-même (l’UE ndlr) avec des eurobonds pour qu'il n'y ait plus d'écarts de taux d'intérêt entre les pays de la zone euro."
 
La présidente de de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal réclame, de son côté, "en contrepartie du soutien des contribuables, l’entrée de l'Etat au capital des banques. On ne sortira pas de la crise sans changer les règles du système. L'inertie profite toujours aux mêmes."
 
Son rival Arnaud Montebourg surfe sur le thème central qu’il a donné à sa campagne : "la démondialisation" et propose dans la même ligne de "démanteler les agences de notation privées".
 
La plupart de ces mesures découlent du "socle commun". Le programme du PS adopté avant le début de la primaire prévoit en effet une "réforme structurelle" du système financier (régulation des mouvements de capitaux, réforme des agences de notation…). Mais aussi la mise en place de politiques budgétaires européennes communes, l’émission d'eurobonds et taxation des transactions financières et surtout un renforcement de la Banque centrale européenne.
 
Le "piège" de la "règle d'or"
La dégradation de la note des Etats-Unis par l'agence de notation Standard and Poor's pousse également les socialistes à se position sur la question du déficit public et indirectement sur l’inscription de la "la règle d’or" de l'équilibre budgétaire dans la Constitution voulue par Nicolas Sarkozy. Mesure qui serait applicable…en 2013.
 
Les socialistes n’y sont pas réticents sur le principe mais refusent de tomber dans "le piège" d’une disposition mise en œuvre uniquement après la présidentielle. Une disposition qui, si ils refusent de la voter, permettrait à la majorité de les taxer d'"irresponsables".
 
Alors que Nicolas Sarkozy "présente un budget en déficit massif" et ne "veut pas revenir sur un certain nombre de mesures fiscales absurdes", "il nous dit mais pour le futur il faudrait qu'il y ait une règle or", a souligné Laurent Fabius sur France Inter.
 
A la place, François Hollande propose "que soit ajouté au projet de loi de finances pour l'an prochain un amendement dans lequel la France s'engage à respecter sa trajectoire de retour sous la barre des 3% en 2013."
 
Seuls Manuel Valls et Ségolène Royal ne ferment pas tout à fait la porte. "Je ne suis pas hostile sur le principe à l'inscription dans notre Constitution d'une règle d'or mais (...) elle ne peut pas être adoptée de façon politicienne en imposant (...) une réforme", a déclaré le premier qui estime que Nicolas Sarkozy devrait "discuter avec les dirigeants de l'opposition". Idem pour Ségolène Royal qui se dit "prête" à en parler.
 
Définir les marges de manoeuvres
En réalité, c’est sur les marges de manœuvre budgétaires que souhaite dégager chacun des candidats qu’ils se différencient. Cette crise les pousse à définir, peut-être un peu plus tôt que prévu, leur priorité pour trouver les ressources nécessaires et réduire le déficit. Tous, excepté Arnaud Montebourg, s’engagent à ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013.
 
"La seule question qui vaille est de savoir qui va payer l’effort", résumait ce mardi François Hollande au micro de France Info. "Le débat en 2012 ne sera pas entre ceux qui veulent augmenter les impôts et ceux qui le refusent, mais entre ceux qui voudront augmenter certains impôts et ceux qui voudront baisser beaucoup de dépenses. De toute façon, il y aura des relèvements de prélèvements obligatoires, ils sont d'ores et déjà contenus dans la stratégie présentée par l'actuel gouvernement à laquelle la France a souscrit.", a-t-il poursuivi toujours dans la démarche d'un "devoir de vérité" à l'égard des Français.
 
Martine Aubry met l'accent sur une meilleur répartition des richesses : " j'ai pris un engagement : que dans le quinquennat qui vient, 50% des ressources complémentaires - qui sont pour nous d'abord la suppression de ces niches fiscales des grandes entreprises et des catégories les plus privilégiées - que la moitié aille vers la réduction de la dette, et la moitié vers nos politiques prioritaires.", a-t-elle expliqué. Pour sa part, Ségolène Royal mise tout particulièrement sur la lutte contre la fraude fiscale.
 
Les marges de manœuvre sont donc faibles. ‘Quelle réforme fiscale ?’ sera sans doute la question centrale de la présidentielle et, par conséquent, la question centrale de la primaire.
Estelle Gross - Le Nouvel Observateur
 
Publié le 09-08-11 à 16:31    Modifié à 19:48     par Estelle Gross   
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/primaire-socialiste/20110809.OBS8318/la-crise-financiere-s-invite-dans-la-primaire-ps.html

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