J'ai lu et j'ai aimé "la Cité de la poussière rouge "

Publié le par desirsdavenirparis5

J'ai lu et j'ai aimé la cité de la poussière rouge .je souscript entièrement à cette analyse parue dans Médiapart

Cité de la poussière rouge de Qiu Xiaolong, nouvelles traduites de l'anglais par Fanchita Gonzales Battle, Liana Levi, 2008 (222p).

Recueil de 24 nouvelles dont chacune illustre une période historique de la République populaire, depuis sa fondation en 1949 jusqu'à l'année 2005. L'ensemble forme un tout symphonique, l'histoire individuelle entrant en résonance avec l'histoire collective: d'ailleurs, chaque récit est introduit par un bulletin d'information tracé sur le fameux «tableau noir» de la cité ouvrière, où cohabitent à Shanghai les héros anonymes auxquels s'attache l'écrivain. La force de cette galerie de portraits, animée comme un opéra révolutionnaire, c'est l'infinie richesse des destins individuels qu'elle met en lumière – encadrée par la préparation d'un plat de crabes traditionnel en ouverture et clôture du texte: les heurts et malheurs d'un poète ouvrier qui n'a aucun talent mais colle à son époque, la visite du président Nixon qui met la ville en effervescence, le retour à la maison d'un prisonnier politique, les trajectoires turpides d'anciens traîtres déclarés héros du jour, la découverte du pouvoir d'achat quand la Chine de Deng Xiaoping succombe au capitalisme dirigé... Ces vies minuscules sont vues à l'intérieur de l'espace commun de la Cité où se succèdent les générations, et où le manque de place se fait toujours plus criant: «Dans les années trente, quand Lao She écrivait sa célèbre saga Quatre Générations sous un même toit, une famille nombreuse était considérée comme une bénédiction. Or, dans les années quatre-vingt, il y avait une différence fondamentale. Alors que les quatre générations du roman avaient vécu dans une grande maison, la famille de Liang, elle, partageait une seule pièce à tout faire de quatorze mètres carrés dans une maison shikumen de la cité de la Poussière Rouge » (p.123-124). La surpopulation sévit et la vieille morale fout le camp: « — Confucius dit... — Fait chier ! » (p.199). En quelque sorte le contrepoint citadin et symphonique au roman rural et soliloque de Mo Yan, La Dure Loi du karma, par le créateur de l'inspecteur Chen

Publié dans Asie

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