Du « déni des cultures » à la méconnaissance de l'immigration africaine

Publié le par desirsdavenirparis5


Dans un livre très médiatisé fin 2010 - le « déni des cultures » - le chercheur Hugues Lagrange analysait l’échec scolaire et la délinquance des enfants de migrants sahéliens résidant dans des ZUS en réclamant que l'on considère l’origine ethnoculturelle comme une variable en soi, indépendante des discriminations et des variables socioéconomiques et résidentielles. Pour cela, il mettait en avant le fonctionnement des familles de migrants sahéliens : la différence d’âge entre père et mère, la polygamie, le patriarcat, un autoritarisme qui disqualifierait les femmes tout en produisant des garçons tous puissants. Un dossier a déjà été consacré sur ce site à la critique de ce livre. Mais deux publications scientifiques viennent aujourd'hui conforter les fortes réserves déjà exprimées sur la valeur et la portée des analyses de notre collègue.


La première est la parution d'un livre dirigé par l'anthropologue Jacques Barou, spécialiste des études africaines et des migrations internationales : De l'Afrique à la France. D'une génération à l'autre (Armand Colin, 2011). Si l'essentiel du livre est occupé par le compte rendu d'une enquête qualitative par entretiens approfondis, Jacques Barou rappelle aussi dans le premier chapitre un certain nombre de données de cadrage qui donnent au final une image bien différente de l'immigration africaine subsaharienne. Certes, il s'agit bien d'une immigration marquée par le poids plus important des familles monoparentales et par le nombre des enfants. Cependant, l'on comprend aussi qu'une double réduction a été opérée en réalité par H. Lagrange. Réduction géographique d'abord : ........

2705 2011

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