Dieu merci, les affaires vont bien !

Publié le par desirsdavenirparis5

 

Jacques Chirac n’était donc pas présent, lundi, à l’ouverture de son procès devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris. On pourrait cruellement ironiser sur ce mal qui, dit-on, désinhibe ses victimes. Un symptôme redoutable en politique. L’ancien président de la République aurait, depuis qu’il en est atteint, une fâcheuse propension à dire la vérité. Quand il annonce, par exemple, que son candidat pour 2012 est François Hollande, il n’y a sans doute rien de plus vrai. On imagine le supplice enduré par ses avocats si cet homme, soudain atteint de sincérité aiguë, avait été libre de s’exprimer dans un prétoire. Mais cet épilogue tardif met surtout en lumière une autre maladie. Celle dont souffre notre démocratie. Car voilà un procès pour « détournement de fonds publics » qui intervient vingt ans après les faits. Or, ce délai ne témoigne pas tant des « lenteurs de la justice » que de la capacité des pouvoirs à la ralentir. Et l’actualité de ces derniers mois est saturée d’exemples qui confirment les ingérences de la politique dans le déroulement de la justice.



En lui-même, l’inventaire est accablant : affaire Karachi, avec soupçon de rétrocommissions finançant la campagne du tandem Balladur-Sarkozy en 1995 ; affaire Woerth-Bettencourt  [1]   ; affaire d’un marché pétrolier de Total en Libye, en 2008, avec rémunération d’un intermédiaire proche du pouvoir ; affaire de l’exonération d’impôts de ce même personnage, le Franco-Libanais Ziad Takieddine, pourtant nanti d’un opulent patrimoine à Paris et sur la Côte-d’Azur ; affaire Tapie-Lagarde, où l’on voit l’ex-ministre de l’Économie s’en remettre à un tribunal arbitral privé plutôt qu’à la Justice pour trancher, finalement au détriment de la République, un différend entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais.
L’accumulation des affaires est déjà en soi l’expression d’une crise morale sans précédent depuis les années 1930. Mais, surtout, chacun de ces dossiers s’est heurté à un moment ou à un autre de la procédure à une obstruction politique..........



À la veille d’une année électorale  .



Que cet épisode, fort désagréable, soit au passage pour nous l’occasion de rendre hommage à l’équipe de Mediapart, 

jeudi 8 septembre 2011, par Denis Sieffert

/www.politis.fr/Dieu-merci-les-affaires-vont-bien,15139.html

Publié dans Sarkozy & scandales

Commenter cet article