Crise: la Grèce coule

Publié le par desirsdavenirparis5

 

Une gaffe! Une erreur lamentable commise par des personnes qui ne disposent  «ni des connaissances, ni de l'expérience, ni de la responsabilité » nécessaires pour évaluer la situation de la Grèce. Dans la panique, le ministre grec des finances, Evangélos Vénizélos, a tenté de circonscrire l'incendie. Sans y parvenir.  

La publication, jeudi matin, par la presse des extraits du rapport d'un comité parlementaire indépendant sur l'état des finances de la Grèce n'a fait que confirmer ce que tout le monde pressentait. Selon ce comité, « la dynamique de la dette grecque est désormais hors de contrôle ». Alors que l'endettement public représentait 120% du PIB en mai 2010, il est en voie de dépasser les 160% aujourd'hui, soit plus de 350 milliards d'euros. Sous l'effet d'une récession qui ne faiblit pas et prive l'Etat de plus en plus de recettes fiscales, le déficit budgétaire ne cesse de s'amplifier. Au premier semestre, il s'est élevé à 14,9 milliards d'euros, alors que dans le plan arrêté par le FMI et l'Europe, il ne devait pas dépasser les 16,6 milliards d'euros pour l'ensemble de l'année. Autant dire que la Grèce est en train de couler.

 

Le ministre des finances a d'ailleurs lui-même reconnu la semaine dernière que rien n'allait comme prévu. Il avait même ajouté que «la Grèce était en grand danger ». Alors que le gouvernement, toujours aidé par l'Europe, prévoyait une récession, pour la troisième année consécutive, de 3,5%, il a annoncé que la chute de l'économie dépasserait les 4,5% en 2011. Prévisions encore optimistes selon certains économistes qui voient plutôt la Grèce finir avec une chute de 5% au moins à la fin de l'année.

L'ensemble de l'économie du pays est en voie de paralysie. Les entreprises ferment les unes après les autres. Le chômage dépasse les 15%. Alors que le gouvernement est sur le point de mettre en œuvre une nouvelle hausse de 10 points de la TVA, notamment dans la restauration, pour la porter de 13% à 23%, toute une économie parallèle se développe, le liquide, le troc prenant le pas sur les échanges légaux. Pour l'Etat, c'est autant de recettes en moins, autant de déficits en plus.

Les marchés ont déjà livré leur verdict sur la situation grecque. Pendant que les gouvernements européens se félicitent de l'accalmie survenue depuis la énième réplique de la crise mi-août, qu'ils soulignent les avancées spectaculaires de la gouvernance européenne en quelques semaines, le rendement des obligations grecques à deux ans a franchi le niveau invraisemblable de 46%. Il était à 7% en mai 2010.

Après sept plans d'austérité exigés par l'Europe, ce qu'il advient aujourd'hui à la Grèce était prévisible. Dès le printemps 2010, les économistes atterrés avaient alerté sur les dangers d'une austérité, prônée au nom de la vertu et du bon sens.....

| Par Martine Orange

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