Clinton: la faute à Nétanyahou

Publié le par desirsdavenirparis5

 

  


Le nom de Bill Clinton est associé durablement au processus de paix israélo-palestinien. Pour le meilleur et pour le pire, de la poignée de mains historique Arafat/Rabin à l'échec de Camp David. En s'efforçant jusqu'au bout de forcer le destin pour restaurer un mandat abîmé par un scandale domestique, M. Clinton (un "bosseur" pour les diplomates qui ont eu à le pratiquer par la suite, notamment à Haïti) avait acquis une connaissance du dossier peu commune. C'est dire que son expérience est intéressante. Alors que la posture ordinaire consiste à renvoyer dos à dos les deux protagonistes lorsqu'il s'agit d'établir la responsabilité de l'impasse, l'ancien président démocrate ne s'est pas embarrassé de circonvolutions, jeudi 22 septembre, en désignant le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, au cours d'une table ronde, selon le magazine Foreign Policy <http://thecable.foreignpolicy.com/posts/2011/09/22/bill_clinton_netanyahu_killed_the_peace_process> , comme principal fauteur de trouble.

 "The Israelis always wanted two things that once it turned out they had, it didn't seem so appealing to Mr. Netanyahu. They wanted to believe they had a partner for peace in a Palestinian government, and there's no question -and the Netanyahu government has said - that this is the finest Palestinian government they've ever had in the West Bank," Clinton said. "[Palestinian leaders] have explicitly said on more than one occasion that if [Netanyahu] put up the deal that was offered to them before -- my deal -- that they would take it," Clinton said.


Traduction de Catherine

"Les Israéliens ont toujours voulu deux choses mais dès qu’il s’est avéré qu’ils les avaient effectivement obtenues, Mr Netanyahou ne semblait plus les trouver satisfaisantes. Ils voulaient croire qu'ils avaient en face d'eux un gouvernement palestinien qui soit un partenaire pour la paix, et il est incontestable  - le gouvernement Netanyahou l'a lui-même déclaré - que c’est le meilleur gouvernement palestinien qu'il y ait jamais eu en Cisjordanie" a déclaré Clinton. "
[Les leaders Palestiniens] ont plus d'une fois explicitement déclaré que si [Netanyahou]  leur avait proposé l'accord qui leur avait jadis été proposé [le mien] , ils l'accepteraient," a dit Clinton.



Il y a bien sûr dans les propos de M. Clinton les regrets éternels de ne pas être parvenu à être entré dans l'histoire à Camp David, ni avec ses "paramètres", termes de références d'un règlement énoncés en décembre 2000 et en passe d'être dépassés par les évolutions sur le terrain. Le processus de paix fut aussi victime de l'alternance survenue après la victoire de M. Nétanyahou, en 1996 qui ouvrit une cohabitation difficile avec l'administration américaine (qui espéra beaucoup du retour des travaillistes en 1999, en la personne d'Ehoud Barack, aujourd'hui meilleur allié de "Bibi"). Sa description de l'évolution d'une société israélienne à l'en croire de plus en plus détachée de l'idée d'une paix avec les Palestiniens témoigne aussi de cet alacrité:


"Now that they have those things [un partenaire prêt à négocier sur la base des paramètres Clinton], they don't seem so important to this current Israeli government, partly because it's a different country," said Clinton. "In the interim, you've had all these immigrants coming in from the former Soviet Union, and they have no history in Israel proper, so the traditional claims of the Palestinians have less weight with them." "The most pro-peace Israelis are the Arabs; second the Sabras, the Jewish Israelis that were born there; third, the Ashkenazi of long-standing, the European Jews who came there around the time of Israel's founding," Clinton said. "The most anti-peace are the ultra-religious, who believe they're supposed to keep Judea and Samaria, and the settler groups, and what you might call the territorialists, the people who just showed up lately and they're not encumbered by the historical record."

"Maintenant qu'ils les ont obtenues [
un partenaire prêt à négocier sur la base des paramètres Clinton], le gouvernement israélien actuel ne semblent plus les trouver si importantes, en partie parce que c'est un pays différent" a dit Clinton. "Entre temps, il y eu tous ces immigrants arrivés de l'ex Union Soviétique, sans aucun passé en Israel, et pour lesquels les demandes traditionnelles des Palestiniens ont moins d'importance" "Ceux des Israéliens qui souhaitent le plus la paix sont les Arabes; viennent ensuite les Sabras les Israéliens juifs nés en Israel; en troisième lieu, les Ashkénazes installés de longue date, les juifs européens arrivés au moment de la création d'Israel", a dit Clinton. "Ceux qui sont le plus hostiles à la paix, ce sont les ultra-religieux, qui croient qu'ils sont censés être les gardiens de la Judée et de la Samarie, et le groupe des colons, que vous pourriez appeler les territorialistes, des gens qui se sont manifestés en dernier et ne s'encombrent pas des données de l'histoire."

/israelpalestine.blog.lemonde.fr/

Publié dans Proche-Orient

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