Bettencourt : les enregistrements évoquent des comptes suisses non déclarés

Publié le par desirsdavenirparis5

PARIS, 18 juin 2010 (AFP)

        La milliardaire Liliane Bettencourt aurait disposé de comptes bancaires non déclarés en Suisse pour un montant de près de 80 millions d'euros, selon des enregistrements clandestins de conversations révélés par le site Médiapart, qui en a publié des extraits.

        Dans l'un de ces extraits, daté du 27 octobre 2009 par Médiapart, le gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt, Patrick de Maistre, lui déclare : "Il faut qu'on arrange les choses avec vos comptes en Suisse. Il ne faut pas que l'on se fasse prendre avant Noël".

        Un accord fiscal entre la France et la Suisse, qui devait initialement entrer en vigueur le 1er janvier 2010, aurait permis au fisc français de demander aux autorités helvétiques la levée du secret bancaire en cas de fraude présumée. Mais la ratification a pris du retard en raison d'un contentieux entre les deux pays sur une liste de contribuables français ayant des comptes cachés en Suisse, récupérée par la France.

        Après avoir fait référence à cet accord fiscal, M. de Maistre assure à l'héritière de L'Oréal: "Je suis en train de m'en occuper et de mettre un compte à Singapour. Parce qu'à Singapour, ils ne peuvent rien demander".

        Selon cette conversation enregistrée par le maître d'hôtel de Mme Bettencourt, ce compte bancaire en Suisse "est de 12 ou 13 millions". "Et vous en avez un autre, paraît-il, beaucoup plus important", ajoute M. de Maistre.

        "Je suis allé voir ce compte à Vevey (canton de Vaud) où vous avez quand même 65 millions d'euros", annonce le gestionnaire à la milliardaire lors d'un rendez-vous trois semaines plus tard, le 19 novembre, toujours selon Médiapart.

        "Il faut que l'on enlève ce compte de Suisse (...) Je suis en train d'organiser le fait de l'envoyer dans un autre pays, qui sera soit Hong Kong, Singapour ou en Uruguay (...) Comme ça vous serez tranquille", explique Patrick de Maistre, selon cet extrait retranscrit par le site internet.

        Interrogé par l'AFP au sujet de ces informations, le ministère du Budget n'a fait aucun commentaire.

 

Publié dans Morale-Moeurs-Loi

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