Au Maroc, les manifestations se multiplient avec comme cible la corruption

Publié le par desirsdavenirparis5

 Correspondance à Casablanca de José Douglas

Deux jours après des défilés rassemblant plusieurs dizaines de milliers de Marocains dans de nombreuses villes du royaume, et après plusieurs heures de négociations avec les syndicats, les autorités ont finalement cédé. 55 euros d'augmentation par mois dès le 1er mai pour les fonctionnaires quand les plus bas salaires stagnent à 200 euros: l'annonce est de taille. Le premier ministre a également annoncé que la pension des retraités ferait un « bond » de 70% pour s'établir à... 90 euros. Le roi est même intervenu pour promettre de choyer les ouvriers agricoles en « revalorisant le SMAG, le salaire minimum agricole » et en leur garantissant une couverture médicale.

Ces ouvertures du régime ont été aussitôt contestées. « Ne nous trompons pas, assure l'économiste Mehdi Lahlou, ces mesures sont un écran de fumée. Ce sont des mesures à la marge. Dans le milieu rural, qui représente plus d'un tiers de la population, les gros exploitants agricoles sont exonérés de l'impôt sur le revenu depuis 1986. Parmi ces gros exploitants, on retrouve le roi, le président de la chambre haute du Parlement, etc. Si on avait voulu une véritable réforme pour les ouvriers agricoles, on aurait rétabli cet impôt en redistribuant les richesses.»

www.mediapart.fr/article/offert/e0634f94ed49940cdf60f9ba112cb665

Publié dans Afrique

Commenter cet article