Après les mal-baisées, voici venir les mal-violées

Publié le par desirsdavenirparis5

 

Ce mercredi 6 octobre, sur l’antenne d’une grande radio publique, Ivan Levaï a tenu des propos qu’on ne pensait plus entendre sur le PAF. Et contrairement à ce qu’a affirmé Pascale Clark, ce n’est pas sa façon de parler de Dominique Strauss Kahn qui a déclenché les réactions. Ce qu’Ivan Levaï pense de DSK et sa communication le regarde et franchement, cela ne m’intéresse pas beaucoup. Même pas du tout. Par contre, quand un invité explique sur une radio écoutée par des millions d’auditeurs et d’auditrices, que les viols en France n’en sont pas vraiment, là, cela me regarde et me concerne.

Depuis que les mobilisations féministes contre les violences et contre le sexisme ont permis de remettre sur le devant de la scène la persistance des stéréotypes, on pouvait espérer que les médias ne tolèreraient plus des propos qui banalisent les violences sexuelles et surveilleraient leurs antennes comme ils surveillent et dénoncent à juste titre les paroles racistes ou antisémites. Pourtant, ce mercredi 6 octobre, j’ai entendu médusée que pour qu’il y ait viol, il faut « une arme ou un couteau », puis que parmi les 75000 viols qui ont lieu chaque année en France, une partie non négligeable seraient en réalité des « fantasmes ».

Ivan Levaï prouve ainsi qu’il méconnait, comme nombre de ses collègues journalistes, ce que sont les violences faites aux femmes en France. L’illusion de l’égalité femmes – hommes, inscrite dans les lois depuis plusieurs décennies, a fait penser que les choses seraient réglées. Et de fait, ont permis d’oublier la réalité : en France, plus de 200 femmes sont violées chaque jour....

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Caroline De Haas

 

Militante féministe, ancienne secrétaire générale de l'UNEF, fondatrice d'Osez le féminisme en 2009

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