Afghanistan: récent inventaire d'un immense désastre

Publié le par desirsdavenirparis5

 

Il faut l'inconscience ou la morgue de François Fillon pour oser affirmer que les six soldats français tués en deux jours sont «morts pour la paix» en Afghanistan. Même les Américains, dont les soldats entament ce vendredi 15 juillet leur retrait, n'osent plus le dire. Certes, le premier ministre tentait à la fois d'endiguer l'émotion causée par ces morts (qui portent à 70 le nombre de militaires tués depuis 2001) et de répondre aux critiques de l'opposition. A celles de Ségolène Royal, par exemple, qui a dénoncé des «sacrifices inutiles» et une «obstination aveugle», avant d'ajouter: «Ils ont donné leur vie pour un objectif qu'on ne connaît pas et qui n'a absolument rien changé sur le terrain» (écouter ici son intervention).

Au passage, la présidente de Poitou-Charentes se fait bien discrète sur les positions ambiguës de son parti sur cette guerre d'Afghanistan. Le Projet 2012 du PS ne demande pas explicitement un retrait: il est juste noté que la situation «doit faire l'objet d'un réexamen urgent et complet après un débat approfondi et un vote au Parlement». Et les députés PS ont été des plus timorés dans leur critique de ce conflit lors des deux débats qui se sont tenus à l'Assemblée nationale en 2008 et 2010.

 

Mais au-delà des petites phrases, ce qui frappe est le déni constant opposé par Nicolas Sarkozy et ses ministres face à des réalités de terrain qui ne cessent d'empirer. Depuis 2008, Mediapart a multiplié les enquêtes et les éditoriaux (lire ici, par exemple ou encore ici avec nos reportages) pour expliquer comment cette guerre, passé le premier engagement de l'automne 2001 pour renverser le régime taliban installé à Kaboul, ne faisait que rajouter la catastrophe à la catastrophe........

 

| Par François Bonnet

 

 

www.mediapart.fr/article/offert/6401c60a09e901f51e573ccc7ddb524a

 

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