Affaire WikiLeaks: Hackers vengeurs et espions en diligence

Publié le par desirsdavenirparis5

 

Pour le célèbre romancier et intellectuel Umberto Eco, l'affaire WikiLeaks ou "Cablegate" souligne l'hypocrisie qui régit les rapport entre les Etats, les citoyens et la presse et préfigure un retour vers des méthodes archaïques de communication.

L'affaire WikiLeaks a une double valeur. D'un côté, elle se révèle un scandale apparent, un scandale qui n'apparaît comme tel que devant l'hypocrisie qui régit les rapports entre les Etats, les citoyens et la presse. De l'autre, elle annonce de profonds changements au niveau international, et préfigure un futur dominé par la régression.

Mais procédons par ordre. Le premier aspect de WikiLeaks, c'est la confirmation du fait que chaque dossier constitué par un service secret (de quelque nation que ce soit) est composé exclusivement de coupures de presse. Les "extraordinaires" révélations américaines sur les habitudes sexuelles de Berlusconi ne font que rapporter ce qui depuis des mois pouvait se lire dans n'importe quel journal (sauf ceux dont Berlusconi est propriétaire), et le profil sinistrement caricatural de Khadafi était depuis longtemps pour les artistes de cabaret matière à sketch.

La règle selon laquelle les dossiers secrets ne doivent être composés que de nouvelles déjà connues est essentielle à la dynamique des services secrets, et pas seulement en ce siècle.

........Le pouvoir contrôle chaque citoyen, mais chaque citoyen, ou du moins le hacker – élu comme vengeur du citoyen -, peut connaître tous les secrets du pouvoir. ......

 

02 décembre 2010 Libération Paris     Traduit de l'italien par Robert Maggiori.    Courrier International

www.presseurop.eu/fr/content/article/414231-hackers-vengeurs-et-espions-en-diligence

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