Affaire Céline : L’honneur perdu de Frédéric Mitterrand ?

Publié le par desirsdavenirparis5

 

 Entre ses « regrets » au peuple tunisien et le retrait de Louis-Ferdinand Céline des commémorations nationales de 2011, le ministre de la Culture n’en finit pas de tourner avec le vent. S’agissant de ce dernier exemple, en termes militaires, cela s’appelle une « capitulation en rase campagne », en termes de danse, il s’agit d’un tango : un pas en avant, deux pas en arrière. Dans les deux cas, c’est une certaine conception du courage politique qui est à l’œuvre. A l’époque du Général, une démission eut été de rigueur, mais nous ne sommes plus en ces temps où l’honneur avait encore une signification précise et où le locataire de la rue de Valois avait pour nom André Malraux.

Ce qu’il y a de consternant, d’affligeant, dans cette affaire Céline, tient autant à la forme qu’au fond. En tentant d’accréditer l’hypothèse invraisemblable suivant laquelle il n’avait découvert la présence de l’auteur du Voyage au bout de la nuit dans le Recueil des célébrations nationales que tardivement, alors que la brochure avait déjà été imprimée et incluait une introduction dont il était le signataire, Frédéric Mitterrand montre la considération dans laquelle il tient à la fois les membres du Haut comité chargé d’établir la liste des commémorations et l’ensemble du public. Ce « bon peuple » était-il si facile de leurrer que le ministre crut bon d’ajouter que sa décision n’avait pas été prise « sous le coup de l’émotion ou de pressions contradictoires », mais « après mure réflexion », alors que chacun sait qu’elle ne fut qu’une soumission au diktat de Serge Klarsfeld ? L’opinion jugera.

savatier.blog.lemonde.fr/2011/01/24/affaire-celine-lhonneur-perdu-de-frederic-mitterrand/

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