Erik Orsenna : "Comment un Japonais de Tokyo contribue à assécher les nappes phréatiques africaines"

Publié le par desirsdavenirparis5

Après le G20, et en pleine semaine du développement durable, l'économiste-écrivain Erik Orsenna
<http://www.lemonde.fr/sujet/88f4/erik-orsenna.html>  était l'invité du "Monde des livres" sur LCI
 (voir ici la vidéo <http://www.wat.tv/video/erik-orsenna-est-invite-monde-1dxt1_16vy8_.html> ). Il s'interroge sur "l'avenir de l'eau", le titre de son dernier livre chez Fayard. Pendant deux ans, l'académicien a sillonné la planète, du Bramapoutre ou Fleuve jaune et du Gange à la Garonne. Sa conclusion est simple: l'eau n'est pas une ressource limitée comme le pétrole.
Avec le réchauffement climatique, c'est même une ressource de plus en plus abondante mais, hélas, de plus en plus mal répartie. Des zones se désertifient rapidement alors que d'autres sont soumises à des pluies torrentielles et à des inondations de plus en plus fortes.
 Et la question de l'eau cache un mal encore plus criant: le manque croissant de terres arables à même de nourrir une population mondiale, sans cesse en augmentation. "Tout se tient", dit Erik Orsenna qui donne un exemple de cet "'effet papillon": "Les Japonais raffolent des sushis, mais pour en avoir, il faut pêcher toujours plus au large des côtes d'Afrique. Et les populations africaines, faute désormais de poissons, doivent compenser ce manque de protéines en mangeant plus de chèvres et de vaches qui, elles, consomment l'eau de la nappe phréatique qui, dès lors, se vide. Conclusion: pour offrir des sushis aux gourmets de Yokohama, on suscite l'assèchement d'une nappe phréatique africaine!"
 A l'avenir, note Erik Orsenna, les peuples occidentalisés devront envisager des changements de comportements profonds. Et même s'interroger sur leurs habitudes alimentaires. "Pour produire un kilo de pommes de terre, il faut 110 litres d'eau, note Erik Orsenna. Et pour un kilo de viande de boeuf, 13 000!"

Florence Noiville
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