Et tout ça, pourquoi ?

Publié le par desirsdavenirparis5

LA CHRONIQUE JUDICIAIRE D'ANNE JUNK   Mercredi 25 Février
On prend les mêmes et on recommence  : la confrontation continue pendant la moitié de la matinée

Le président : qui a pris les cartes dans le bureau des élections ?
Qui a rédigé les nouvelles enveloppes ?
Qui  les a envoyés ?
Qui a téléphoné aux faux électeurs pour voter ?

Madame Tibéri
je suis tout à fait consciente que mes paroles n’ont aucune importance. Je n’ai jamais retiré aucune carte. JE VOUDRAIS REMERCIER TOUTE L’EQUIPE.
Le président  d’avoir expédié les cartes ?
Madame Tibéri je n’ai jamais touché une carte, je n’ai jamais expédié une carte……..

Monsieur Favre après la photocopie des cartes en 1997, des électeurs (plus de 500) se sont présentés spontanément pour les retirer ;
Madame Affret  je recommandais à ceux qui me  le demandaient  d’aller les retirer
Le président, ils avaient donc reçu un message de vous ?
Madame Affret (son  épaule gauche est secouée de plus en plus vite par un tic nerveux. Elle semble vouloir se décharger d’un fardeau ) ça je ne peux pas le dire.
M Tibéri jamais, jamais, jamais.

Mais tout d’un coup, le Maire du V° reste sans voix devant le témoignage du secrétaire général de la Mairie en 1997

M Nentien En 1997 Monsieur Antoine Casanova (le cousin) et sa compagne, hébergés fictivement chez Monsieur Tibéri rue Gallarde sont venus retirer leurs  cartes de (faux) électeurs. C’est la seule fois de ma vie où j’ai remis des cartes de faux électeurs car ce n’était ni mon rôle, ni mon travail. C’est à la demande de Monsieur Tibéri, qui était là que  je suis monté  prendre les deux cartes. Je suis redescendu.  J’ai fait signer le registre.  Et ils ont mis leur adresse du XIVè ….

Le procureur de la République solennellement à Madame Affret :Vous êtes élue depuis 1983, vous êtes adjointe depuis 1984 Vous êtes une élue responsable. Vous devez la vérité au peuple du V° dont certains vous ont élue. Vous êtes devant le tribunal correctionnel, vous êtes jugée au nom du peuple français. Je voudrais maintenant savoir quelle est la valeur supérieure   à l’honneur, à la loi, au peuple qui vous empêche de répondre ?
Madame Affret je préfèrerais que les personnes responsables le disent elles-mêmes. Ce n’est pas à moi de le faire. Ma conscience ne  permet pas de les dénoncer. Je ne me sens pas capable de dire plus.

Le masque mortuaire de Tibéri est impassible. Ses petits yeux noirs fixent  le ciel de Paris. Raide, les mains derrière le dos,  il se dresse fréquemment sur la pointe des pieds pour gagner quelques cm. Peut-être rêve-t- il de s’envoler, bien loin avec  les mouettes.

La litanie des questions et des dénis se poursuit.
Mais brusquement  l’avocat de Madame Affret interpelle Madame Tibéri

L’avocat maître Aubert  hier matin, vous avez eu Madame Tibéri des propos peu aimables à l’égard de Madame Affret ?
Madame Tibéri je ne vois pas en quoi c’est désobligeant de dire que j’ai gardé des amis de fac (Madame Tibéri n’a pas le certificat d’études)
L’avocat, vous parlez beaucoup pour ne pas répondre aux questions. Vous avez dit que Madame Affret mentait effrontément lorsqu’elle a dit que vous lui transmettiez des instructions de Jean Tibéri. Vous vous souvenez des propos sur le cerveau ?
Madame Tibéri je ne me souviens de rien. Ces questions n’ont rien à voir. Je ne comprends pas cette malveillance. Je ne parlais pas à mon mari 
Maître Aubert : oui ou non, avez-vous transmis des instructions  de votre mari le Maire du V° à Madame Affret ?
Madame Tibéri ce sont des questions alambiquées et perverses.
Madame Affret C’est pas très compliqué. J’ai dit que je travaillais avec Madame Tibéri. Vous avez fait toute une histoire pour rien.
Xavière Tibéri, lui tourne le dos
Madame Affret je crois maître que je suis mal barrée. Même quand mon propre avocat pose une question, cela pose polémique. J’aurais dû ne pas avoir d’avocat!

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Le président : nous allons entendre maintenant les parties civiles qui sont à l’origine des plaintes.

Monsieur Fremiont-Danet
J’étais le responsable des verts dans le V°. J’ai été candidat aux élections en 1994 et 1997. Lorsque l’article du Canard Enchaîné est paru, j’ai découvert des éléments palpables que je soupçonnais déjà. Pendant les campagnes électorales, sur les marchés, des gens nous avaient déjà alertés. J’ai déposé plainte immédiatement. Il faut dire que tout ceci se passait à une époque  où il y avait un  climat de corruption sur Paris :
-  Attributions frauduleuses  de logements HLM,
- Emplois fictifs à la Mairie de Paris,
-  Faux électeurs dans le IIIe° arrondissement.
Au-delà de ce contexte, je trouvais qu’un tel déni de la démocratie dans le V°  devait être  sanctionné.
J’ai tout de suite été impressionné, quand on a commencé à nettoyer les listes électorales. Les chiffres étaient hallucinants : UN ELECTEUR  SUR QUATRE ETAIT FAUX .
La justice n’a retenu que le cas de 196 faux, arguant du délai de prescription. Parmi les malversations, il n’y a pas que des faux votants. Il y a aussi des gens dont le nom a été utilisé à leur insu. Ils ne se déplaçaient pas. Leur  signature n’était pas la même entre le 1er et le 2e tour.
La masse des faux électeurs pouvait changer  l’expression des élections.
Au cours de ce procès, le mécanisme des fraudes a été démonté. Ce mécanisme a mis en branle un certain nombre de personnes. Or cela n’a aucun sens si l’enjeu n’est pas réel, si cela n’a pas profité à quelqu’un. Dés 1967, date de l’élection du 1er Maire de Paris le mécanisme se met en place. Il faut permettre à Jacques Chirac de faire le grand Chelem. (Gagner tous les arrondissements de Paris) La plupart de ces prévenus ne parlent pas, car ils ont peur «je ne veux pas prendre des balles dans la peau ». Si on découvre l’ampleur de la chose : tout cela n’a pas été mis en place pour rien. C’est impossible.

Monsieur Montassier 
J’étais électeur dans le 3 ème arrondissement. Dans l’affaire des faux de cet établissement, j’ai été plaignant. En 1995, j’ai découvert le disque dur recensant les faux électeurs du 3° Quand, l’affaire du V° a éclaté, au même moment, la procédure commençait lentement dans le 3°.  J’ai alors décidé de me porter partie civile dans le V° aussi. Quand Monsieur Delanoë a été  élu Maire de Paris, il l’a emporté grâce à une  dizaine de conseillers d’arrondissements (il y en a 163 en tout). Si on veut emporter le siège de Maire de Paris, il faut remporter l’élection dans les arrondissements au 1er tour pour avoir  par exemple 4 conseillers d’un coup au lieu de 3. L’autre raison de Jean Tibéri pour l’emporter haut la  main était que si Chirac était élu Président de la République, il pourrait devancer tous ses concurrents dans son parti pour de venir à son tour Maire de Paris. Or  en 1993, il n’a pas été très bien élu, il est le dernier de la liste de son parti. Alors il fallait faire perdurer le système. Il fallait utiliser les locaux de la Mairie du V°, il fallait employer les fonctionnaires à des fins partisanes. Tout cela explique les pressions de Tibéri sur les employés de la Mairie du V°.
Question de maître Herzog sur les conclusions sur le  jugement de  la Mairie du 3°.

Monsieur Montassier l’ambiance était la même entre le 3° et le 5° Les collaborateurs de la Ville de Paris ne pouvaient pas imaginer que la gauche gagnerait la mairie de Paris. Aussi personne  parmi les collaborateurs, n’avait envie de prendre des risques.

Monsieur Contassot 
je me suis constitué partie civile, parce que j’avais dès le début la conviction que ce système avait existé dans le  IX, le XVIII  et le XX˚. Nous avions eu des témoignages spontanés. Dès Janvier 1989 dans le Journal Le monde  un  haut fonctionnaire témoigne qu’il y a tout un système pour trouver des électeurs pour faire élire Jacques Chirac. Dans le V°, ˚ le système ressemble à celui du III° :
-    Démarchage de sympathisants
-     Promesses de prébendes (logements, emplois, places à la crèche)
-    Création et envoi de  fausses cartes
-    Maintien des électeurs partis ou morts sans radiation  et vote à leur place
L’objectif est le même : l’emporter dans un rapport de force au sein du RPR, et de l’UDF pour être le candidat de Chirac. Cette organisation, c’est pour être le plus fort. Un Maire d’arrondissement ne se salit pas les mains. Il ne donne que des ordres oraux.
Quant aux fonctionnaires, on leur demande des choses plus ou moins légales, assorties de menaces implicites : le risque, c’est la placardisation ou la mutation. Quant aux vacataires, pour eux, c’est le licenciement immédiat.
Il faut remarquer que les autorités de l’Etat alertées refusent d’intervenir.  Le préfet a été saisi dés 1996. La réponse a été « sous aucun prétexte,  on n’interviendra. »  Le préfet arguait qu’il n’avait pas le droit de saisir la liste des électeurs. Pour lui, ce sont les électeurs qui devaient porter plainte. Il attendait une décision législative au nom du principe de la permanence de la liste électorale.
Je voudrais préciser, que je n’ai jamais vu l’épouse d’un maire venir dans la Mairie. Elle n’a aucun rôle normalement. Dire qu’elle était partout chez elle dans la Mairie, est choquant.
Dernier point : j’ai été choqué quand j’ai entendu dire que les maires  d’arrondissement n’ont aucun pouvoir. C’est faux. Ils font au Maire de Paris des propositions. Le Maire d’arrondissement a un rôle, il met en place la politique du maire de Paris.

Madame Cohen-Solal
  j’ai été la deuxième à déposer plainte  en Mai 1997. J’étais candidate aux législatives de 1997 Durant la campagne, on entendait parler de fraude électorale. J’ai tenu le bureau de vote place Maubert. Une commerçante qui m’avait vendu des légumes m’avait dit incidemment, qu’elle habitait  Rungis. Or  à 8 heures et demie, le jour du vote, je l’ai vue arriver pour voter. À ma question : est-ce que vous n’habitez plus Rungis ? rougissante elle répond  « Monsieur Tibéri nous a trouvé une chambre 47 Bd Saint Germain. » Mais au fur et à mesure de la journée 7 à 8 commerçants itinérants de la Place Maubert sont venus voter. Ils habitaient tous 47 Bd Saint Germain.
Lors de ces élections, j’avais envoyé un petit journal d’après les listes électorales On en a reçu des tas avec  inconnus à l’adresse indiquée.
En Avril 1997 devenue candidate, j’ai regardé cette liste d’électeurs. Un nom m’a frappée au bas d’une page William Shakespeare 373 rue Saint Jacques. À cette adresse, il y avait 11 électeurs, tous nés à Pondichéry. Or le 373  rue Saint Jacques n’existe pas.
Tous ces gens inscrits indûment, faussaient le jeu de la démocratie. Je n’ai pas été battue à la loyale. Ce système de clientélisme est organisé pour établir un pouvoir absolu.
Quand vous allez à la permanence crèche à la Mairie, vous tombiez sur Madame Tibéri. Il est anormal que dans la Mairie se tienne une permanence de militants.
C’est pire pour l’attribution des logements sociaux. Ce n’est que depuis 3 mois (Décembre 2008) que nous avons pu obtenir une commission d’affectation des logement sociaux. En fait Jean Tibéri voulait le pouvoir absolu
J’ai suivi de près cette audience. Je me doutais de la façon cynique que Jean  Tibéri avait pour utiliser ses fonctions. Mais ce que j’ai appris : c’est l’ambiance qui devait régner dans la Mairie. Cette façon de parler des élus aux  fonctionnaires,  aux militants. Ce mépris m’a dégoutée.
La grande noblesse de la fonction d’élus est d’être régulièrement soumise aux votes. Quand j’imagine qu’un élu supprime cet aléa et se fabrique un  corps électoral à sa botte, je suis bouleversée.

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Cet après-midi les avocats de la partie civile plaideront.
Mais  j’ai la nausée et je préfère faire la sieste sous le chêne de Saint Louis….
 

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