Un homme, une femme et des lâches ….

Publié le par desirsdavenirparis5

CHRONIQUE JUDICIAIRE D'ANNE JUNK
Je tiens à préciser qu’il s’agit d’extrait de mes notes prises au jour le jour. Je ne mets dans la bouche des différents acteurs que ce qu’ils ont dit.  Je résume  quand ils se répètent.

Mardi matin, 24 février 2009
 Un homme, une femme et des lâches ….
 

Aujourd’hui , c’est la grande foule.
Les journalistes se disputent les deux  bancs de la presse et le dessinateur a du mal à recharger ses stylos sans éclabousser son entourage.
Sur les  bancs,  les tibéristes et  des amis de la démocratie serrés, comme des sardines, deviennent  solidaires devant l’invasion des nouveaux.
Les gendarmes tout sourire,  essaient de maintenir l’ordre. 
Si l’on s’écrase à la XVI Chambre ce mati, ce n’est pas pour voir siéger à la gauche  du Président  Monsieur Suzuki magistrat japonais de Kobé. Francophone, il  assiste à un spectacle haut en couleur : la confrontation.

Le président a décidé une confrontation entre tous les prévenus, car il espère ainsi résoudre les points de discordances entre les témoignages :
« il y a eu trop de silence, trop de retenue dans vos témoignages. »

Mais, avant la confrontation solennelle, il propose aux prévenus de venir chacun à la barre « dire ce que vous avez à dire, ce que vous voudriez dire ».
M. Nentien : le seul mot qui me résume  actuellement est l’amertume. Je ne comprends pas pourquoi mes  collaborateurs (en particulier O.Favre)  ne disent pas la vérité. Mes autres mots sont la colère devant l’injustice. Si, j’ai été un complice passif, je l’admets, mais je ne pouvais rien faire jusqu’en 1997. Les ordres venaient de Monsieur Tibéri. Il était impossible de lui refuser quoique ce soit. Mais j’ai compris petit à petit que le Maire voulait me faire porter le chapeau. Je demande à Monsieur Tibéri qu’il avoue : il a voulu gonfler son corps électoral.  Je demande à Madame Affret de dire la vérité. Elle n’était, comme Madame Mockryki, qu’une cheville ouvrière. En parlant et en produisant des documents j’essaie de concourir à la vérité.
M. Favre : le lendemain de la perquisition à la Mairie, j’ai demandé une audience à Monsieur Tibéri. Il m’a rassuré, en  me disant que la Ville serait à même de nous protéger, de nous fournir un avocat.  De toute façon, la vérité, on ne l’entendra pas ici. Car c’est leurs paroles d’élus contre la parole de fonctionnaires de catégorie C. Un énarque m’a dit «vous étiez là au mauvais moment, au mauvais endroit. ».
M. Tibéri je confirme, je n’ai jamais donné d’instruction dans un domaine qui n’est pas le mien. S’ils savaient des choses inacceptables, ils auraient dû me faire connaître leurs problèmes. Je ne suis jamais intervenu dans cette affaire. Je voyais rarement le fonctionnaire du bureau des élections. Je n’ai jamais donné d’instruction aux fonctionnaires, par respect pour eux. Les attaques de Monsieur Nentien sont basses, je n’y réponds pas.
Mme Affret  je ne sais pas ce que j’ai à dire. Je ne peux dire à la place des autres.  Je ne suis pas à l’origine de tout ça. J’ai reconnu avoir écrit et ordonné à d’autres de le faire.
M. Mondain  Elle a dit une partie de la vérité. Il manque les hauts fonctionnaires. De toute façon, il ne sortira aucune vérité de ce tribunal car chacun y a intérêt.
Mme Mercier (au bord des larmes) j’ai un  sentiment d’amertume, d’humiliation. Je suis devenue malhonnête. Je ne supporte pas qu’on dise qu’un fonctionnaire peut être acheté (cf. accusation de Madame Tibéri car Madame Mercier travaille chez Delanoë) je n’ai reçu d’ordre que de Madame Affret et elle ne peut les avoir donné que parce qu’elle recevait des ordres.
Mme Mockryki je n’ai rien à ajouter. J’ai dit ce que j’avais à dire. Chacun est affecté.
M. Bardon Chacun doit prendre ses responsabilités. Il manque sur les bancs des gens qui ont précédé M. Nentien (il s’agit de Comiti)
Mme Sahnoun Ce que je souhaite dire, c’est l’acharnement durant ce procès contre Jean Tibéri, Xavière Tibéri et AM. Affret. Jean Tibéri n’avait pas besoin de cela pour se faire élire et Madame Tibéri a fait de très belles choses. (Le président l’interrompt en lui reprochant de faire un discours politique) ET ALORS, ON A LE DROIT D’AIMER SON MAIRE (certains durs d’oreille ont compris SON MAITRE)
Mme Tibéri Je n’ai rien à dire. Sinon que j’ai vu Madame Cohen Solal circonvenir  des employées de la mairie. Quant à M. Nentien, je l’ai vu le soir, il devait, prendre des adresses Rue Vésale. Ils complotaient avec Bernard Lavillier. C’est reconnu par tous les restaurateurs du V° Je crois avoir tout dit. Je vais attendre un petit peu pour dire quelque chose. (Ses propos  ont été entendus par toute la salle).

Le président décide alors de procéder à la confrontation. Les prévenus debout et serrés   autour du micro doivent répondre à une batterie de questions. Le but est de les amener à se contredire en face à face. Mais si les petits se pressent autour du micro comme des poussins autour de la fermière, les deux prédateurs restent éloignés. M Tibéri ne bouge pas, Madame Tibéri, tel un oiseau de proie  tourne autour de la basse-cour.


Le président : nous reprenons le même chemin en 3 points : les hommes, leurs fonctions et leurs pouvoirs. M Nentien :comment êtes-vous arrivé à la Mairie du V ?
M. Nentien à la suite du départ de Madame Château (cf. : casses toi, ça pue)   M.  et Madame Tibéri m’ont invité à déjeuner au Méridien pour me proposer la place de Secrétaire Général de la Mairie
M. Tibéri : je ne me souviens de rien.
Madame Tibéri :je n’ai jamais payé un verre d’eau à Monsieur Nentien. D’ailleurs, s’il est parti du XIV, c’est qu’il y eu harcèlement moral de Nentien et même autre chose …..
M. Nentien : je maintiens que Jean Tibéri m’a appelé et qu’il a payé le repas
Madame Tibéri : vérifiez les chèques, on n’a jamais d’argent liquide !
Le président : et vous Monsieur Favre votre nomination ?
M. Favre : je n’avais pas les diplômes, ni le grade , mais j’étais le plus ancien dans le bureau Le président : Monsieur Nentien, vous avez dit que Monsieur Bardon était une potiche.
M. Nentien : je confirme que nous avons reçu des instructions de M. Tibéri pour que Monsieur Bardon n’ait aucune relation avec ses électeurs.
Le président : Monsieur Bardon, qu’en pensez vous ?
M. Bardon :la situation m’est très vite apparue.
M. Nentien : tu étais au courant et tu venais te plaindre dans mon bureau.
M. Bardon : je ne pouvais rien dire. C’était le Maire de Paris en face de moi.
M. Tibéri Monsieur Bardon savait parfaitement que c’était moi le LEADER ! De toute façon JE NE VENAIS QUE TRES RAREMENT À LA MAIRIE DU V.
Au fur et à mesure de l’interrogatoire Monsieur Bardon avoue qu’il n’avait aucun pouvoir pour l’attribution des places de crèches, des logements sociaux  .Et il conclut « j’ai subi car j’espérais que la situation s’améliorerait …
Le jeu des questions réponses, dans  une salle surchauffée par la foule et les radiateurs entraîne petit à petit les prévenus à relâcher leur vigilance

Le président : vous avez beaucoup travaillé, vous transmettiez des ordres
Madame Affret : oui, j’étais le bras droit du  cerveau.
M Nentien : le donneur d’ordres, c’est Jean Tibéri.
M Favre : Les instructions transmises par Madame Affret venaient de Jean et de Xavière Tibéri
Madame Tibéri : mais je suis l’épouse  du Maire. Je n’exécute les ordres de personne. Je ne transmets rien à Tibéri. Quand ça va mal, j’avale un grand verre d’eau.
Madame Affret Monsieur Tibéri demandait à Madame Tibéri de faire des choses pendant son absence. Je ne prends aucune initiative.
Madame Tibéri ce sont des lâches à qui mon mari a tout donné. Ce sont des lâches qui n’ont aucun diplôme (elle non plus). Je sors 5 minutes pour fumer une cigarette…
La tension monte petit à petit entre Madame Tibéri et Madame Affret.
Madame Affret : je ne suis pas une menteuse. Madame Tibéri et moi, nous étions toujours ensemble.
Madame Tibéri : pas toujours
Madame Affret : mon rôle, dans cette mairie, je l’ai grâce à Jean Tibéri. Je suis fille d’immigré italien, sans diplôme. Je ne l’accuse pas, nous sommes amies ….
Un avocat des parties civiles Madame Tibéri vous confirmez que vous étiez amie avec Madame Affret ?
Madame Tibéri : c’est votre problème …Elle est l’adjointe. Je n’ai d’amis que les amis d’enfance ; ami : rien n’est plus doux que le mot, rien n’est plus rare que la chose (sic).
Un avocat : votre mari était le cerveau
Madame Tibéri : c’est une accusation grave … Cerveau , patron, c’est une accusation grave.
Avocat de la partie  civile : Madame Tibéri vous êtes énervée. Vous avez dit : ils sont tous des lâches.
Madame Tibéri : le but de l’opération est d’attaquer une femme pour attaquer un homme.

Il fait trop chaud, on se sent tout sale. Dehors il fait beau. 


       
 
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