Non à la réduction du congé parental post-natal

Publié le par desirsdavenirparis5

LE BILLET DE JEAN CANET
Monsieur Sarkozy, votre discours sur la Politique de la Famille se termine par une décision inacceptable, dangereuse,  et irresponsable.

Ce discours de Nicolas Sarkozy prononcé  le 13 Février 2009 devant les Associations Familiales a dû choquer un grand nombre de femmes quand, à propos du congé parental post-maternité,  Nicolas Sarkozy a déclaré : «L’intérêt des femmes, parfois sans qualification, celui de leurs enfants, comme celui de notre société c’est de mettre en place les conditions de leur retour à l’emploi. Je souhaite que l’on travaille à la mise en place d’un congé plus court »
Au préalable, à Désirs d’avenir,  nous rappelons, ici, les durées du congé post-natal qui jusqu’à maintenant sont appliquées en France :
Durée du congé postnatal selon le nombre d’enfants attendus et le nombre d’enfants déjà à charge.
Nombre d'enfants attendus Nombre d'enfants déjà à charge Durée du congé post-natal
un enfant 0 ou 1
10 semaines
un enfant plus de 2
18 semaines
des jumeaux
  22 semaines
naissances multiples (trois enfants et plus)   22 semaines
  
Ce discours idéologique, typiquement sarkozien, est dans la continuité du  "travailler plus pour gagner plus" comme si  s'occuper des enfants c'était ne rien faire ! Ce discours traduit l’ignorance d’un homme qui contrairement à ce qu’il dit, ne tient pas compte de cette " formidable aventure humaine qu'est la maternité " en voulant réduire ce temps privilégié de découverte et d’intimité avec cet être qu’elles ont porté et perçu en elles pendant 9 mois d’attente et d’imaginaire . Il ignore aussi que plus nombreux sont les jeunes pères qui, au 21ème siècle, ont acquis grâce à la gauche la meilleure façon de partager en une paternité plus physiquement assumée,  les gestes de leur compagne en participant  eux aussi à la découverte de leur enfant, aux soins à lui prodiguer (le bain, par exemple), aux charges de la maison, aux côtés de leurs compagnes.

•    Réduire le congé parental post-natal c’est  malheureusement diminuer les chances et la durée d’un allaitement maternel réussi et suffisamment prolongé (l’idéal, rappelons le serait de 6 mois au moins soit 24 semaines), dont on ne dira, jamais assez, combien il est primordial à l’équilibre nutritionnel de nos bébés et à la protection de leurs neurones (sous réserve que la maman ne fume pas et ne consomme aucune drogue ou boisson alcoolisée).
•    Réduire le congé parental postnatal c’est ne pas tenir compte de l’importance des échanges stimulants  et organisateurs des premiers douze  mois de la vie du petit de l’homme avec ses parents qui sont tellement déterminants pour son éveil mental, son équilibre affectif et le développement du langage.
•    Réduire le congé parental postnatal c’est pénaliser encore plus les femmes  seules ou peu qualifiées, donc mal salariées, car ce n’est pas tenir compte des frais de garde des enfants qui s’ajoutent à leurs frais de transports et les mettent en difficulté accrue quand il y a des problèmes de santé.

•    Réduire le congé parental postnatal c’est obligatoirement développer les modes de garde des jeunes enfants, mais cela n’aurait  pas dû autoriser, dès cette année, sans la moindre concertation, le passage de trois à quatre enfants à confier à chaque  assistante maternelle. Cela devient réellement dangereux  et irresponsable dans l’état actuel où en est arrivé notre service public de Protection Maternelle et Infantile. On ne voit pas comment une assistante maternelle pourrait sortir quatre enfants en bas âge, à la fois, s’il n’y a pas de jardin ; il serait alors, inacceptable que ces enfants soient confinés à l’intérieur en toutes saisons en attendant que les parents viennent les reprendre le soir. 
Des contrôles par des puéricultrices au domicile devront être organisés régulièrement, à la fois sur le nombre d’enfants gardés  par assistante maternelle (avec la tendance bien connue à dépasser les normes) et sur l’état et l’hygiène des locaux. Mais vu le manque criant de personnels dans les structures de Protection Maternelle et Infantile, on ne peut que s’inquiéter d’une telle décision.

Il est urgent d’alerter les familles quand le Président de la République conclut son discours  en opposant les conditions matérielles d’hébergement des nourrissons (nombre d’enfants hébergés, surface des locaux, nombre de fenêtres, aération, état du sol)  à la formation, au dévouement des assistantes maternelles, aux horaires d’ouverture des structures d’accueil.  Il se justifie, en effet en concluant : « il faut que l’on sorte du sacro-saint statut des personnels, les sacro-saintes règles… dans un pays où l’on n’a pas assez d’assistantes maternelles et de places de garde n’était-il pas nécessaire de permettre à une assistante maternelle de garder 4 enfants ? » … Autrement dit on fait fi des sages précautions observées depuis la création de notre Protection maternelle et Infantile qui date des années d’après la Libération.

Ce recul a de quoi inquiéter  et révolter nos jeunes parents et futurs parents et toutes nos familles.
Jean Canet, 15 Février 2009

Publié dans Santé-Sciences

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