Huchon et le Modem, Martine en difficulté

Publié le par desirsdavenirparis5

 14 janv 2009 Libération
Huchon regarde vers le Modem et agace ses amis

C’est ce qui s’appelle camper sur ses positions. Président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon a exposé sa stratégie politique pour les mois à venir, lundi, aux élus socialistes : en substance, «isoler l’UMP, et pour ce faire se rapprocher des autres groupes politiques» de l’assemblée régionale. Dont, bien évidemment, le Modem… Rappelons que le patron de l’exécutif francilien est proche de Dominique Strauss-Kahn, et qu’il fut à ce titre signataire, lors du dernier congrès du PS, de la motion de Martine Aubry. Laquelle a en partie remporté la mise en jouant sur le refus d’accords avec le Modem, histoire de contrer Ségolène Royal qui y est favorable… Si les partisans de cette dernière n’ont pas désavoué la suggestion de Huchon, celle-ci a piqué au vif ses autres camarades franciliens. Notamment les amis de Benoît Hamon, sur l’aile gauche du PS, qui lui ont fermement rappelé que la question avait été tranchée au congrès de Reims. De l’art d’être constant en politique…

Martine Aubry connaît un début d'année difficile
LE MONDE | 15.01.09 | 15h45  •  Mis à jour le 15.01.09 | 18h11

Pour Martine Aubry, l'année aurait pu débuter sous de meilleurs auspices. La démission d'André Vallini de sa fonction de secrétaire national à la justice a relancé les critiques sur le caractère, réputé autoritaire, de la première secrétaire.

"La gentille Martine de l'avant-congrès est redevenue la Dame des 35 heures", persifle un membre de la majorité du Parti socialiste. Certains secrétaires nationaux supporteraient mal de devoir, avant toute intervention publique, ajuster leur prise de parole en liaison avec Mme Aubry, qui, de son côté, reste plutôt en retrait par rapport aux médias.

Alors que ses détracteurs font état d'un "mode de fonctionnement très replié, quasi clanique", voire redoutent, à l'image de François Rebsamen, proche de Ségolène Royal, que "le PS ne sombre dans une sorte de caporalisme", les partisans de la première secrétaire vantent au contraire son "sens du travail en équipe". "C'est vrai, elle est très interventionniste et certains craignent d'être mis sous tutelle, mais rien n'est verrouillé et la décision reste collective", plaide un membre de la direction.Au sein de la majorité en forme de patchwork constituée autour de Mme Aubry, quelques fissures se dessinent. Mercredi 14 janvier, le courant "Besoin de gauche", qui réunit les amis du strauss-kahnien Pierre Moscovici, a considéré, par l'intermédiaire de Jean-Paul Planchou, président du groupe socialiste du conseil régional d'Ile-de-France, que la nouvelle direction du parti "n'a pas convaincu". "Ses prises de position n'ont manifestement pas marqué l'opinion", estime M. Planchou, qui déplore certaines "postures gauchisantes".

 INFLAMMATION DE LA CORNÉE

 Par ailleurs, Benoît Hamon, porte-parole du parti et leader de l'aile gauche, et Harlem Désir, lui aussi membre de la direction nationale et principal représentant de la motion Delanoë au sein de la direction, se trouvent en concurrence directe pour conduire la liste socialiste en Ile-de-France lors les élections européennes. Le second est donné favori.

Quant au "contre-plan de relance", dont le contenu final sera fonction des rapports de forces internes à la majorité aubryste, il a donné lieu à un léger cafouillage. Initialement prévue le 20 janvier - un peu tardivement, selon certains - sa présentation officielle, qui risquait d'être éclipsée dans les médias par la cérémonie d'intronisation de Barack Obama, aura finalement lieu le lendemain. Enfin, victime d'une inflammation de la cornée, Martine Aubry a dû renoncer à présenter ses voeux à la presse, mercredi. Son entourage assure qu'elle ne tardera pas à reprendre ses activités tambour battant.

Jean-Michel Normand
Article paru dans l'édition du 16.01.09

Publié dans DA-PS

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